“Despentes, un style taillé dans le roc(k) !” Tara Lennart


Page Facebook Officielle Virginie Despentes“Il y a peu de voix comme celle de Virginie Despentes en France. Un style taillé dans le roc(k), une plume acérée, un humour au napalm et une bonne dose de réflexion politique déguisée en provocation punk. On pourrait, maladroitement et en alignant ainsi les poncifs, tenter de résumer l’ouragan Despentes, la tempête trash et féministe qu’elle fait souffler sur la littérature française depuis le milieu des années 1990. On pourrait. On pourrait aussi songer au frisson de subversion qui a parcouru notre peau à la lecture de Baise Moi, et souhaiter que tout le monde le ressente. Même si en vrai, le frisson était une droite en pleine face.”

(…) “Pourquoi c’est bien ? Parce que personne n’a eu les bollocks d’écrire comme elle en français et qu’elle dit ce qu’elle a à dire sans s’embarrasser de la bienséance. (…) Elle se fait le scribe polymorphe d’une époque, mais plus encore : des gens. Des gens qui constituent l’époque et se battent avec son chaos.”

 

Extrait de #Jenaipasportéplainte

“Daria a parlé à Mafalda de son idée de reportage kaléidoscopique sur sa vie, celle des avatars et des humanoïdes qu’elle croisait dans les bars, les boîtes, les blogs, les forums, sur Facebook, My Space ou dans Second Life. Elle voulait comprendre ce qui lui arrivait quand elle fabriquait son univers en tapotant sur un clavier ou en promenant une souris verte ou bleue jusqu’au bout de la nuit, quand elle volait d’une histoire de sexe à une autre… Elle voulait surtout ralentir le mouvement, savoir quand s’arrêtait la vraie vie et quand commençait l’autre…
Mafalda lui a suggéré de créer un blog anonyme et de rédiger son journal intime en ligne pour s’y poser quotidiennement, raconter ses rencontres, ses découvertes et peut-être trouver des réponses à ses questions… Elles en ont parlé jusqu’au petit matin et puis Mafalda a donné le jour à Queer Spirit en quelques clics. C’est Daria qui a suggéré ce titre, en référence au Teen spirit de la chanson de Nirvana repris par Virginie Despentes pour l’un de ses romans et c’est Maf qui a trouvé son pseudo : La Souris Déglingos, un hommage à un groupe punk qui existait bien avant que la souris informatique soit inventée.
Elles bossent ensemble depuis ce jour. Quand Maf repère une arnaque, Daria se charge de diffuser l’info sur son blog. Il lui arrive aussi d’intervenir In Real Life, comme ce soir, mais c’est plus rare… Malgré les risques que ça implique, la journaliste adore ça. C’est dans ces moment là qu’elle a vraiment l’impression d’être utile, quand la vraie vie rejoint l’autre…”

Extrait du polar #Jenaipasportéplainte – Marie-Hélène Branciard – 2016 – Éditions du Poutan.


Extrait de Vernon Subutex

Vernon_Subutex“Il ouvre une bière et fait le tour du propriétaire. C’est une maison de parents, avec plein d’objets inutiles dedans, des choses qu’il n’imaginerait pas acquérir. Xavier a tout compris à la vie : il lui faut trouver une meuf qui ait de l’argent. Avant ils étaient jeunes ils voulaient des guerrières, des bêtes de sexe, des meufs bâties comme des créatures de rêve, ils voulaient du rock’n’roll et des chiennasses qui ne pensent qu’à ça, ils voulaient des bombasses, des pécheresses averties et des amazones qu’on soumet au pieu. On s’en fout de tout ça, en vieillissant. L’important, il a mis du temps à s’en rendre compte, c’est une meuf livrée avec un appartement comme celui-ci, des week-ends prolongés au soleil et l’état du frigo qui va avec.”

Vernon Subutex, 1 – Virginie Despentes – Éditions Grasset – 2015