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Virginie Despentes, un style taillé dans le roc(k) !

« Il y a peu de voix comme celle de Virginie Despentes en France. Un style taillé dans le roc(k), une plume acérée, un humour au napalm et une bonne dose de réflexion politique déguisée en provocation punk. On pourrait, maladroitement et en alignant ainsi les poncifs, tenter de résumer l’ouragan Despentes, la tempête trash et féministe qu’elle fait souffler sur la littérature française depuis le milieu des années 1990. On pourrait. On pourrait aussi songer au frisson de subversion qui a parcouru notre peau à la lecture de Baise Moi, et souhaiter que tout le monde le ressente. Même si en vrai, le frisson était une droite en pleine face. »

Vernon_Subutex(…) « Pourquoi c’est bien ? Parce que personne n’a eu les bollocks d’écrire comme elle en français et qu’elle dit ce qu’elle a à dire sans s’embarrasser de la bienséance. (…) Elle se fait le scribe polymorphe d’une époque, mais plus encore : des gens. Des gens qui constituent l’époque et se battent avec son chaos. »

Tara Lennart – 3 mars 2016 – Petit précis littéraire pour briller en société : Virginie Despentes – Diacritik

Extrait

« Il ouvre une bière et fait le tour du propriétaire. C’est une maison de parents, avec plein d’objets inutiles dedans, des choses qu’il n’imaginerait pas acquérir. Xavier a tout compris à la vie : il lui faut trouver une meuf qui ait de l’argent. Avant ils étaient jeunes ils voulaient des guerrières, des bêtes de sexe, des meufs bâties comme des créatures de rêve, ils voulaient du rock’n’roll et des chiennasses qui ne pensent qu’à ça, ils voulaient des bombasses, des pécheresses averties et des amazones qu’on soumet au pieu. On s’en fout de tout ça, en vieillissant. L’important, il a mis du temps à s’en rendre compte, c’est une meuf livrée avec un appartement comme celui-ci, des week-ends prolongés au soleil et l’état du frigo qui va avec. »

Vernon Subutex, 1 – Virginie Despentes – Éditions Grasset – 2015