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#Jenaipasportéplainte Polar de Marie-Hélène Branciard.

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#Jenaipasportéplainte

Polar de Marie-Hélène Branciard.
Préface de Marie Van Moere
(auteure de Petite louve aux éditions La Manufacture de Livres).

« Il est blanc comme un linge, attaché à son fauteuil de bureau, il serre les dents, bien décidé à ne rien lâcher. Tout à l’heure, Margaret Thatcher l’a fait tournoyer sur lui-même à deux ou trois reprises, par pur sadisme. À ses côtés, l’autre, cachée derrière son masque de Kim Jong-un, pianote nonchalamment sur son I-phone. « Tu sais, Simon, lâche-t-elle d’une voix douce, on n’est pas comme tes copains les flics, nous. Contrairement à eux, on veut la vérité et on peut utiliser des tas de trucs pour faire parler les ordures de ton espèce… »

Paris, place de la Nation… Après une manif pro « Mariage Pour Tous », Solün, photographe de presse, découvre le corps inanimé d’une jeune femme. À l’hôpital où elle l’accompagne, elle fait connaissance avec ses potes – une bande d’artistes un poil allumés – et se lance avec eux à la poursuite des agresseurs. Le commandant Jourdan, officiellement chargé de l’enquête va moyennement apprécier leur aide…
Les oiseaux noirs de Twitter® et l’ombre de quelques monstres planent sur ce récit tandis qu’une mystérieuse DJ nous parle de vengeance et de création…

AVEC CE POLAR DÉJANTÉ, Marie-Hélène Branciard joue avec nos nerfs et nous balade d’une opération street-art aux aventures tumultueuses d’une blogueuse enragée. Noir, émouvant, hors-la-loi, #Jenaipasportéplainte explore des zones qui nous touchent tous: la solitude des ultra connectés, la soif éternelle de trouver l’âme sœur, l’espoir de donner un sens à un univers qui part en vrille.

L’AUTEURE
Née au siècle dernier au Sahara, Marie-Hélène Branciard a vécu à Lyon, Paris et Dijon. Après des études de sociologie, elle a été successivement pigiste pour des magazines de mode, chargée d’études sociologiques, rédactrice en chef de Planète Spook (magazine du Centre Info jeunesse de Bourgogne). Actuellement webmaster pour le site du salon Des Livres en Beaujolais, elle écrit son troisième roman et tient un blog dédié au design et à l’écriture.

Polar en vente sur le site des éditions du Poutan.

#Jenaipasportéplainte – Marie-Hélène Branciard – Préface de Marie Van Moere – Septembre 2016 – Éditions du Poutan.

Page Facebook #Jenaipasportéplainte

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Street-art breaks the conspiracy of silence

streetart_jenaipasporteplainteIls sont cinq, alignés devant l’immense mur. Ils ont préparé les panneaux numérotés qu’ils encollent avant de les passer à Fifi. Daria est impressionnée par l’organisation. Excepté le froissement du papier et les seaux de colle qui heurtent parfois le sol ou le mur, les street-artistes œuvrent dans un silence parfait. Derrière elle, Zabou enregistre la scène. Elle se déplace avec agilité le regard bloqué sur son écran de contrôle. Sous leurs yeux, la fresque prend forme à toute allure. La journaliste la découvre pour la première fois. Elle sait que d’autres équipes d’artistes sévissent au même moment dans plusieurs quartiers de Paris et dans toutes les grandes villes d’Europe. A Porto, Berlin, Édimbourg… des artistes de tous horizons dénoncent le silence et l’hypocrisie de l’Église face à la pédophilie de ses prêtres.
Tout a été minutieusement préparé depuis des mois. Daria n’est qu’un minuscule rouage dans la machine à dénoncer mais elle prend son rôle très au sérieux. Elle a été recrutée par Zabou qui connaît son travail et les articles qu’elle écrit, principalement pour Têtu. La jeune journaliste est chargée de rédiger un texte qui sera lu en voix off. Elle balance quelques phrases dans son dictaphone mais elle sait qu’il ne sera pas nécessaire de les réécouter. Ce qui se passe sous ses yeux est tellement fort qu’elle n’aura qu’à s’installer devant son clavier pour que tout se mette en place…
Tout à l’heure, JP lui a expliqué comment tout est parti de Fifi, le créateur de cette fresque qui a griffonné plusieurs ébauches dans son black-book. Ils en ont ensuite choisi une avec Zabou, avant de l’envoyer aux organisateurs de cette opération. Ils sont une dizaine d’équipes sur Paris et sa banlieue qui ont été sélectionnés et qui collent ou qui bombent cette nuit. Demain matin, les parisiens, tout comme les londoniens ou les barcelonais… découvriront leurs œuvres. Dès l’aube, des tweets et des SMS seront envoyés aux principaux médias pour qu’ils puissent dépêcher leurs reporters avant destruction des fresques… Quoi qu’il arrive, une armée de vidéastes est au travail pour immortaliser cette nuit et briser le silence dans toutes les grandes villes d’Europe. C’est pour cela qu’ils sont tous vêtus de noirs et qu’ils portent des bonnets ou des capuches, de grosses lunettes et des masques de protection. Dans son armure noire, Daria a l’impression de participer à une guérilla urbaine. Ce matin, ils ont repérés les lieux. Ils savent tous ce qu’il faut faire au cas où les flics rappliqueraient. La journaliste se prépare à se débarrasser de son smartphone et à courir pour leur échapper. D’autres membres de l’équipe sont postés tout autour du quartier, prêts à les alerter si un véhicule suspect arrive dans leur direction. Fifi a presque fini. Alors que ses aides rangent les seaux de colle et les balais, il sort une bombe de peinture noire pour accentuer certains détails et colle enfin un grand bandeau sur lequel on peut lire : “Street art breaks the conspiracy of silence.” Zabou s’est perchée sur le toit de la fourgonnette pour avoir une meilleure vue d’ensemble. Daria sort son téléphone et prend en photo l’œuvre qui s’étale désormais sur l’immense mur d’immeuble. Elle est scotchée par la force et la violence qui en émane. Une ligne de prêtres zombies, comme sortis de Walking dead, avance inexorablement à la poursuite de minuscules enfants de chœur. Le visage déformé par la peur, les gosses tentent de leur échapper mais se prennent les pieds dans leurs aubes…
Les autres colleurs imitent Daria et quelques flashs illuminent la nuit. Les visages masqués s’éclairent l’espace d’une seconde… Puis JP donne le signal du départ. Direction République où un autre mur les attend.

Extrait #jenaipasportéplainteMarie-Hélène BranciardÉditions du Poutan – P10