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Here come the sun, une nouvelle pour sortir de l’hiver.

Menacée par un beau-père vicieux, Priscilla prend ses jambes à son cou et se réfugie sur Mars, la ville où elle a laissé son enfance et Nadia, sa grande sœur…

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Allons, Priscilla fait un effort ! me répétait ma mère avec sa voix flinguée à la scie sauteuse. Il est pas si méchant mon Léon.
Non penses-tu ! Pas méchant du tout… juste obsédé par l’idée de me coincer dans un coin pour me tripoter. Il en avait la bave aux lèvres ce salopard. J’avais pourtant rien d’une meuf à faire fantasmer les vieux. Entre mon 75A, mes jambes d’araignée et mes cheveux courts… À moins que… à moins que le gros baveux en pince pour les petits garçons ? Merde ! J’avais jamais pensé à ça !
— Essaye d’être plus gentille avec ton beau père, elle me disait aussi.
C’est ça oui… Je discutais même plus. Ni pour ça, ni pour ce prénom stupide qu’elle était la seule à utiliser. Je m’étais fait une raison et j’essayais de me protéger. Je m’étais fixé le mois de juillet, pour finir l’année scolaire avant de me trouver un endroit plus sûr. Mais j’avais pas prévu les attaque du gros. J’ai donc changé de plan à toute berzingue. Là où j’ai déconné, c’est en m’y prenant au dernier moment.
J’avais fait mon sac à l’arrache en apprenant que Léon allait rester à l’appart pour me garder, vu que ma mère partait en déplacement. Me garder ! Comme si j’avais besoin d’une nounou à quinze ans. Et surtout d’une nounou pareille ! Du coup, j’avais juste pris mon sac de classe et remplacé mes affaires par des fringues et mon journal. J’avais même pas pu récupérer mon téléphone, oublié au collège, ni mon livret de Caisse d’épargne sur lequel ma grand-mère – la gentille : la morte – m’avait déposé cinq cents euros, ni mon chouette ordi que ma mère m‘avait emprunté la veille pour voir un film, ni ma guitare chérie, ni mon T-shirt Kill Bill qui était au sale, ni… Enfin, j’ai quand même eu du pot, j’ai pu voyager gratos et sans me faire repérer grâce à une de ces bonnes vieilles grèves SNCF. Y avait un bordel pas possible à Part-Dieu et j’ai attendu qu’un train surpeuplé parte enfin vers le Sud pour m’y embarquer. Adios Lyon, adios les craignos et bon débarras !

Une fois sur place, rien ne s’est passé comme prévu… À peine débarquée, j’ai foncé au Desperados, le bar que fréquentait Nadia à l’époque, juste à côté du collège. Manque de pot, tout avait changé : le patron, les clients et même le nom. Non, n’essayez même pas de deviner… Le Rados, comme on disait avec Nadia, était devenu Le bar des amis… Sans dec’, j’ai failli leur dire, vous avez pas trouvé plus con comme nom ? Bon ben c’était plié, je risquais pas de retrouver Nadia au Bar des amis ! C’est là que j’ai commencé à flipper sérieux. Il me restait cinquante euros… J’allais pas aller loin avec ça.
J’ai rôdé autour du collège Marcel Pagnol, c’était la récré… J’ai aperçu un type à travers le grillage : Romain Despentes, le fi-fils à sa maman. Il était dans ma classe en cinquième… Il avait toujours ses grosses lunettes et son air fayot. C’est pour ça qu’on l’avait surnommé Harry Potter. Je lui ai fait signe et il s’est vite approché en rougissant. Ça m’est aussitôt revenu… il m’aimait bien l’apprenti sorcier… Il me matait toujours en douce et dès que je le surprenais, il passait en mode cerise, comme maintenant… Je lui ai dit que j’étais un peu dans la merde et qu’il fallait que je trouve un endroit pour une ou deux nuits…
— … Ben… je pourrais te planquer au sous-sol de mon immeuble ?
— Ouais ?
— Faut que je pique la clé de la cave. C’est pas terrible, mais…
— Non c’est cool. Ça me va.
— Passe vers huit heures ce soir. Attends-moi en face de l’entrée, vers l’abribus… Je viendrais te chercher.
— Nickel. Merci !

Je savais pas trop par où commencer mes recherches, alors j’ai décidé d’aller au plus près, vers le port. Avec un peu de pot, je tomberais peut-être sur une vieille connaissance…
J’ai pris la mer en pleine poire ! Ça faisait deux ans que je me faisais des shoots virtuels en me baladant sur Mars avec Google Maps, mais là… ça m’a stoppée net ! Tout m’est revenu : la mèche blanche de ma sister, sa caravane pleine de trésors où on se cachait pour fumer des joints et écouter ses vieilles cassettes, les virées dans sa bagnole le long de la côte. On roulait à fond en hurlant les chansons de Nirvana et de Patti Smith… Et puis les mouettes, le ciel… ça parait con, mais il est pas pareil ici. Et la mer… les bateaux qui disparaissaient à l’horizon et qui revenaient, toujours plus gros…
Des fois, on jouait à un truc… on se mettait tout au bord du quai en tournant le dos à la mer. On attendait l’ombre… une ombre énorme, comme si la nuit tombait en plein après-midi. Alors, on se retournait et on prenait un coup au cœur en découvrant un paquebot qui venait de pousser là comme un gratte-ciel. Ça me faisait toujours un peu peur, mais j’adorais cette peur là…
J’ai pas mal traîné avant de rejoindre ma cave. J’ai exploré tous les endroits où on avait l’habitude d’aller. Y avait ce petit bar minable, vers la gare où Nadia achetait son shit. J’ai demandé au patron – une espèce de Skin sans dents avec la tête encore plus cabossée qu’à l’époque – s’il l’avait vu récemment, mais il ne se souvenait même pas d’elle. Il a ricané quand je l’ai décrite : « Une belle nana d’une trentaine d’années, brune avec une mèche blanche, de taille moyenne, qui ressemblait un peu à Karin Viard… » C’est quoi qui était drôle ? Quel con !
Après, je me suis fait le Mac-Do où on atterrissait parfois en fin de soirée, la Fnac où on restait trois plombes pour lire des BD, le Petit Casino où on achetait des bières… mais rien. J’ai même pris le bus pour aller sur le grand parking avant les Calanques, là où elle garait parfois sa caravane… toujours rien. J’aurais jamais dû partir à Lyon. J’aurais dû me casser au lieu de suivre bêtement ma mère dans cette ville pourrie ! Ça m’aurait déjà évité toutes ces galères avec l’autre naze…

Harry a tenu sa promesse, il est arrivé à huit heures pile à l’arrêt de bus, complètement flippé…— Faut que je remonte vite, j’ai dit que j’avais oublié un livre dans la voiture.
Il m’a expliqué en route que c’était mort pour la cave. Il avait pas réussi à piquer la clé sans se faire repérer. Ça avait l’air super cool l’ambiance chez les Dursley !
— Désolé, il a ajouté, mais tu va devoir dormir dans le local à poubelles.
— Tu rigoles, j’ai fait.
— Ben non.
J’ai rien ajouté. De toute façon, j’avais pas le choix : c’était ça où la rue…
— Je vais te montrer où il faut te planquer si jamais quelqu’un entre ici. Il y a un coin au fond où on peut pas te voir.
— Super, j’ai dit.
— Et si tu peux, évite de fumer.
Ça tombait bien, j’avais plus une miette de tabac.

Ben voilà… j’en étais là : future prostituée junky qui commençait sa carrière en pieutant derrière des poubelles.  Merci maman, merci gros baveux, merci la vie !
En farfouillant dans le local, j’ai dégoté un rouleau de sacs noirs et je me suis emballée dedans. Je me sentais très con dans mon pyjama de vampire mais j’avais un peu moins froid. J’aurais aimé avoir au moins mon ordi, entendre sa petite musique quand il se met en route, le sentir chaud et vivant sur mes genoux…
Y avait un seul truc bien dans cette piaule, c’était la prise. J’ai pu recharger mon MP3 et m’écouter les chansons que Nadia m’avait téléchargé avant que je déménage. J’ai misCome as You Are en boucle et j’ai essayé de m’endormir…

J’ai été réveillée par la porte du local qui a claqué quand quelqu’un est venu jeter sa poubelle. Il était six heures du mat’ ! J’ai dégagé fissa.
Ensuite, j’ai galéré pendant trois jours pour essayer de retrouver la trace de Nadia. Tous les soirs, je retournais dormir dans mon local. Harry n’avait même plus besoin de m’aider, il m’avait filé le code de l’immeuble et je me faufilais au sous-sol dès que la voie était libre. Je laissais mon sac planqué dans le recoin pour pas me le trimballer partout et me faire repérer. Entre temps, je m’étais dégoté une couverture et un pull super chaud dans une friperie de la Croix Rouge. Pour sept euros, le mec m’avait même ajouté une grosse lampe torche qui traînait vers le comptoir et qui devait être à lui… J’y voyais un peu mieux dans mon bouibouis. J’ai pu reprendre mon journal et j’ai même essayé d’écrire une chanson pour raconter ma fugue… mais sans ma guitare j’y arrivais pas.
J’ai failli couper ma mèche pour qu’on ne puisse pas me reconnaître trop facilement, au cas où ma mère ait signalé ma disparition… mais je me suis dit que les flics avaient sûrement mieux à faire que de me rechercher.
Pendant ces trois jours, j’ai fait tous les bars, les boites, les parcs… tous les endroits où on traînait avec Nadia. Je commençais vraiment à fatiguer. S’il n’y avait pas eu Léon le Cochon, j’aurai presque renoncé. Elle était pas si mal ma vie à Lyon avant l’arrivée de ce gros dégueulasse… Sophie et Vanda me manquaient. J’avais même pas eu le temps de les appeler… ni elles, ni les trois zigotos du club de littérature. J’avais beau me moquer, les appeler Riri, Fifi et Loulou, je les aimais bien. Et puis j’avais appris plein de truc dans ce club, avec ce prof de français qui nous aidait à écrire des histoires. Des fois je pensais à lui… le coup où il avait lu ma nouvelle sur Marseille à toute la classe…
J’allais attaquer ma quatrième journée à tournicoter sur Mars quand je me suis souvenue d’Henri, l’oncle de Nadia, celui qui tenait un stand de vieux disques aux puces…  Mais comment j’avais pu l’oublier celui-là ?! On se foutait de lui en l’appelant Le roi du vinyle ! C’est là que Nadia refaisait ses stocks de cassettes… Mais quelle con ! C’est lui qu’il fallait que je retrouve !

Quand elle a répondu au téléphone, Nadia a juste dit « Oui ? » mais j’ai immédiatement reconnu sa voix. Elle aussi :
— Lola ! elle a dit, mais t’es revenu ?
Je lui ai tout raconté : le beau-père pervers, le train, les poubelles. Je lui ai dit que je la cherchais partout depuis mon arrivée et que j’avais fini par la retrouver grâce à Henri…. Elle m’a expliqué qu’elle vivait depuis un an avec son nouveau fiancé, un musicien. Toujours à Marseille mais dans un vrai appart, à la Plaine.
— Allez, ramène-toi vite ma Lola !
Ça m’a fait tellement plaisir de la voir comme ça, avec ce Fred qui avait l’air bien plus cool que tous les zonards qu’elle se trouvait avant. Je leur ai raconté ma fugue et comment j’ai atterri dans mon sous-sol trois étoiles…
— Bon ben, tu y retournes pas, a dit Fred. Pas question ! On va te faire une place ici.
J’ai regardé autour de moi. Ils avaient un minuscule F2. Ça voulait dire que j’allais dormir dans leur salon, entre l’ordinateur, le piano numérique, les guitares et les piles de CD et de 33 tours qui montaient jusqu’au plafond.
— C’est gentil… ça me dépannerait bien… mais juste pour une nuit ou deux, j’ai dit. Après je vais trouver une solution.
Nadia a fait son sourire que j’aimais bien. Elle a pas dit : « Et c’est quoi ta solution grosse maline ? » mais je me doutais bien qu’elle le pensait.
Fred a soupiré et puis il a dit :
— Sinon, y a Glou…
— Pourquoi vous rigolez ? j’ai demandé. C’est quoi Glou ?
— C’est la mémé de Fred.
— Pourquoi vous l’appelez Glou ?
— Ben… la première fois que Fred m’a emmenée chez sa grand-mère, elle m’a piqué mes clés de voiture…
— Ouais, elle fait ça souvent, s’est marré Fred.
— Enfin… bref, on a cherché pendant des plombes et puis, finalement, on lui a demandé ce qu’elle en avait fait. Elle a fermé les yeux comme si elle réfléchissait à fond, elle a fait un grand sourire, genre J’ai une illumination et elle a dit… glou.
— Et alors ?
— Eh ben, on s’est pris un fou rire de la mort et depuis… on l’appelle comme ça.
— Elle est malade… euh… genre Alzheimer ?
— Elle est surtout très vieille, a dit Fred. Elle perd un peu la boule. La journée ça va, y a du monde pour s’occuper d’elle, mais la nuit elle est toute seule dans sa maison. Donc… si ça te dit ?
— Euh… je pense pas que ça va marcher… j’ai dit. En général ils m’aiment pas, les vieux…
— Pas Glou… Elle est peace and love ma mémé.
— Ah ouais… je sais pas… En fait, ça me fait un peu flipper…
— Tu sais quoi ? a proposé Fred. Demain je vais lui faire ses courses. Si tu veux, je t’emmène, je te présente, tu visites, tu vois si ça te branche, tout ça… et après tu décides. Si ça te fait toujours flipper, pas de lézard, on laisse tomber.
— Ok.

Ben voilà, l’histoire se termine… dans un quartier pénard de Marseille, chez une petite vieille à la mémoire de poisson rouge qui éclate de rire et me dit bonjour chaque fois qu’elle me croise. Il paraît que c’est ma mèche qui la fait marrer…
Quand j’ai débarqué chez elle, elle a tout de suite flashé sur mon perfecto. Je lui ai proposé de l’essayer, pour blaguer, et elle a dit oui avec son sourire de gosse. Quand Fred est revenu des courses, il a retrouvé sa mammy en perf’ en train de me montrer comment on fait la soupe. Il paraît qu’elle cuisinait super bien avant mais elle oublie toutes les recettes, sauf celle-là. Du coup, elle peut en faire deux ou trois par jour. L’aide à domicile récupère les légumes épluchés et les colle au congèl au fur et à mesure…

Je suis retourné à Lyon avec Nadia, juste pour récupérer ma guitare et mon ordi. Ma mère n’a pas fait d’histoires quand je lui ai dis que je m’installais sur Mars. Je crois qu’elle a enfin pigé de quoi son Léon était capable. On est resté en bons termes. Elle m’envoie même du fric, de temps à autre…
La vieille bagnole de Nadia a repris du service. Tous les week-ends on file le long de la côte en buvant des bières et en braillant nos chansons.
Il a été très long cet hiver… long, froid et solitaire. On aurait dit que le soleil avait disparu pour toujours. Mais non… Je sors mon bras par la fenêtre grande ouverte, le son est à fond, la mer bleu nous suit en riant : « Here comes the sun, here comes the sun and I say it’s all right ! It’s all right ! »

Marie-Hélène Branciard • Août 2014 – Nouvelle écrite pour un défi de l’Académie Balzac.

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En désintox sur Zombieland

Le ventilo échappé de Brazil avait failli me décapiter en tombant du plafond. Rien à dire, je nageais en pleine authenticité. Z’avaient pas lésiné sur le décor. Dehors, un volet claquait sans discontinuer et des immeubles déglingués s’alignaient à perte de vue. Le vent se glissait partout et jouait négligemment avec un drapeau en lambeau. C’était lui le boss désormais. Même les oiseaux avaient changé d’État… Un soleil assassin attendait le chaland en faisant cramer de vieilles carcasses de bagnoles.
Je contemplais ma valise grande ouverte sur un immense lit. Un groom aux allures de vigile venait de la fouiller après m’avoir confisqué mon smartphone. De toute façon, y avait pas de réseau. Mais c’était pas la peine de discuter : j’avais signé pour le meilleur et pour le pire.
Sur un petit meuble sixties qui avait dû arborer des couleurs pimpantes,  un tourne-disque attendait prêt de sa pile de vinyles : Lou Reed, Bowie, Dylan, Leonard Cohen, Janis Joplin, The Rolling Stones… que du lourd ! J’allais me régaler. Il fallait juste attendre que la panne d’électricité soit réparée…
Bon, autant s’y mettre. C’est surtout pour ça que j’étais là. Me désintoxiquer et écrire… J’avais tout de suite repéré le bureau, un gros meuble calé face à un mur beige à peine fendillé. Peu de chance d’échapper à mon imagination. Et posée là, comme une reine, une énorme Underwood ! C’est exactement ce qui était indiqué dans la brochure : « Une machine à écrire entièrement mécanique sera mise à la disposition des curistes.» À côté de la bête, un mode d’emploi expliquait son maniement : « Lorsqu’on arrive à l’extrémité de la feuille, ou lorsqu’on veut aller à la ligne, on actionne le levier de retour de chariot, situé au bout de celui-ci, ce qui permet de réarmer le ressort en ramenant le chariot en début de ligne et d’actionner un mécanisme qui fait tourner le cylindre d’un cran pour aller à la ligne suivante. » *
Je m’installais pour la tester. J’attrapais une feuille blanche, l’enroulais et commençais à tapoter maladroitement les « lettres gravées sur leur petit bloc de métal ». J’avais deux mois pour m’habituer au clavier américain. C’est en me relisant que j’ai remarqué qu’il manquait le R. J’en parlerai au groom… ou pas. Après tout, ça pouvait être un truc encore plus motivant. Peut-être l’occasion de faire un remake de La disparition
En tout cas, il n’y avait aucune possibilité de liker avec cette bestiole. Et c’était ça l’essentiel.  Pas possible non plus de partager la moindre photo ou d’aller vérifier des trucs sur Google… J’étais à nouveau seule sur ma planète, sans R mais avec toutes les autres lettres pour essayer d’inventer la vie.

Marie-Hélène Branciard – 31 juillet 2017.

* Wikipédia – Article « Machine à écrire« .

Photo : City Of Detroit Teeters On Bankruptcy As State Audits Its Finances (Photo by J.D. Pooley/Getty Images).

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Contact Marie-Hélène Branciard auteure de #Jenaipasportéplainte

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Née au siècle dernier au Sahara, Marie-Hélène Branciard a vécu à Lyon, Paris et Dijon. Après des études de sociologie, elle a été successivement pigiste, chargée d’études sociologiques… Actuellement webmaster pour le site du salon Des Livres en Beaujolais, elle écrit son troisième roman et tient un blog dédié au design et à l’écriture.

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Lecture de #Jenaipasportéplainte : dialogues théâtralisés…

Suite à une proposition d’une troupe d’actrices du Centre LGBT Paris Ile de France, j’ai réécrit quelques extraits du polar #jenaipasportéplainte sous forme de dialogues théâtralisés.
Trois 
scènes se succèdent pour garder le rythme du livre construit sur celui des séries TV. Une lecture a eu lieu le 22 juin 2017 au Centre LGBT Paris-ÎdF

D’autres ouvrages présentés au 6e Salon du Livre Lesbien étaient également « mis en scène »  : « Anveshan » de Sylvie Géroux ; « L’Amour rêche » de Valérie Dureuil ; « Piste rose » de Cy Jung ; « Ladie’s Taste » de Laura Trompette ; « X » de Fanny Mertz ; « Contes à Rebours » de Typhaine D.

Voici le texte avec quelques photos des actrices en action. Merci à elles pour cette lecture originale de mon polar !

#JENAIPASPORTÉPLAINTE / DIALOGUES THÉÂTRALISÉS

SCÈNE I 

Noir complet. Musique “See you all” ou “World Falls Apart”.  (Ambiance fin du monde).
Scène s’éclaire progressivement en même temps que la musique s’estompe.
Trois personnes (Le chœur) alignées de dos. Habillées en noir avec sweet, capuche sur la tête.

Chœur 1 se retourne, elle a un masque Anonymous. Elle récite un poème (ton monocorde) :
« Ton avatar caché entre deux touches de mon clavier
Aucune trace du mal que tu m’as fait… en vrai
Mais tout est brisé au fond de moi… en moi
Mais #jenaipasportéplainte / But #Ididntreport / Haber #ichhabnichtangezeigt »

• Chœur 2 se retourne (elle a également un masque Anonymous) et enchaîne :
« Tout a commencé quand j’ai lu ce poème glauque sur le Facebook d’une Marylin aussi victime que la vraie… Et puis il y a eu cette série de tweets avec le hashtag #jenaipasportéplainte. Des femmes du monde entier qui ont expliqué en 140 caractères pourquoi elles n’ont pas porté plainte après un viol ou une agression sexuelle »

• Chœur 3 se retourne (elle a également un masque Anonymous) et enchaîne :
—  Je n’ai pas porté plainte parce que c’est lui qu’on a cru
• Chœur 1 :  Je n’ai pas porté plainte parce que j’étais saoule
• Chœur 2 : Je n’ai pas porté plainte parce qu’un psy m’a dit que ce n’était pas un viol s’il n’avait pas d’arme
• Chœur 3 :  Je n’ai pas porté plainte parce que je n’ai ni crié, ni mordu, ni frappé
• Chœur 1 : Je n’ai pas porté plainte parce que c’était le mec avec lequel je vivais…
• Chœur 2 : Je n’ai pas porté plainte parce que Zorro est arrivé juste à temps pour l’empêcher de me violer, et qu’une tentative « c pas si grave »
• Chœur 3 : Je n’ai pas porté plainte parce que c’était mon cousin et j’avais peur que ma famille ne me croit pas.

Noir complet. Silence. Puis voix qui sort de la nuit :

• Chœur 3 : Il y a des tas de raisons pour ne pas porter plainte après un viol. Mais moi, j’ai porté plainte et j’ai perdu… Le salopard qui m’a violée a nié et je n’ai pas pu prouver sa culpabilité. Alors, quand j’ai lu tous ces messages je me suis dit : « Mais putain de bordel de merde pourquoi pleurer partout qu’on n’a pas porté plainte ?!! Ça leur fait une belle jambe aux violeurs… Ça peut même les conforter dans leurs certitudes d’être intouchables ce type de message.
Alors, les filles, je vais vous raconter ce que j’ai fait…

SCÈNE II

Noir complet. Silence. Scène s’éclaire progressivement.
Le Chœur a disparu. On découvre une table de bar avec 3 ou 4 chaises autour.
Une fille (Daria) est installée devant une Tequila et regarde attentivement autour d’elle, tout en consultant son smartphone. Elle porte un t-shirt facilement reconnaissable de loin [dans le polar il s’agit d’un t-shirt I Don’t Give A Fuck des Peaches mais ça peut-être Gossip, Indochine, Lady Gaga…].
Musique de fond : I U She des Peaches ou Fuck you de Lily Allen
Le téléphone de Daria sonne. Elle répond. La musique de fond s’estompe.

• Daria : Salut Zabou… Ouais… Ok… Euh, j’suis au Banana là, mais je peux pas trop te parler.
Elle écoute la réponse.
— Je fais la chèvre.
Elle sourit en disant cela tout en surveillant les alentours. Elle rigole doucement en entendant ce que lui dit Zabou au téléphone et répond en baissant la voix :
— En fait… je sers de proie. Mafalda a repéré deux tordus qui piègent des homos… Du coup on essaye de les coincer. J’ai rendez-vous avec une certaine Juliette… J’te laisse !
Daria raccroche alors qu’une jeune femme s’avance vers elle et lui fait signe qu’elle a reconnu son t-shirt. La femme est super sapée, mini-jupe, cheveux longs blonds, lunettes fumées, rouge à lèvres. Elle sourit largement. Très à l’aise.

• Juliette : Chouette t-shirt !
• Daria : Merci…
Juliette s’installe. Elle mate discrètement vers le bar ou on imagine que son acolyte est installé.
Daria sourit également, d’un sourire moqueur. Elle sort une photo de son sac :
• Daria : Sans vouloir être désagréable, tu ressembles pas vraiment à la super meuf de ton profil Facebook.
Juliette se crispe un peu mais continue de sourire.
• Juliette : Ah Ah ! toi non plus !
• Daria : Ouais sauf que moi j’ai pris une photo de Shane, l’actrice de The L Word, c’est évident que j’vais pas lui ressembler.
• Juliette : C’est vrai… bon, on s’en fout non ? Si on allait discuter chez moi ?
• Daria : Y a pas le feu ? Si ? Je sais bien que je suis irrésistible, mais bon… je boirai bien une autre Téquila moi !
• Juliette : Ok (du bout des lèvres).
Sur ce, Mafalda déboule, portable en bandoulière dans son Bag Street, perruque rose, perfecto brillant, smartphone à la main. Elle les toise du haut de son mètre 80, fait la bise à Daria, attrape une chaise et s’assoit à la cow-boy, jambes écartées et dossier devant elle.
• Mafalda : Ça va ?! J’espère que j’dérange pas ?
Maf arbore un sourire hilare.
• Daria : Du tout… Juliette, je te présente Mafalda.
• Juliette : Enchantée.
Juliette sourit à peine, de plus en plus crispée. Elle attrape son sac et lance à Daria :
— Bon, on y va ?!
• Mafalda : Vous allez où ?
• Daria : Chez Juliette. Tu veux venir ? Daria dévisage insolemment Juliette et lui demande : ça te dirait un plan à trois ?
Entre temps, Mafalda a pris plusieurs clichés de Juliette, sans se cacher, presque à bout portant. Elle vérifie la qualité des images sur son smartphone.
• Mafalda : Tu sais qu’t’es photogénique toi ?!
Juliette attrape son sac et se barre presque en courant sans demander son reste.
• Mafalda : C’est bon ! J’ai sa photo et celle du salopard qui l’accompagnait. Regarde les qui se sauvent !
Daria et Mafalda regardent vers l’entrée du bar. Elles ne rigolent plus du tout. Maf sort son portable et commence à pianoter à toute allure.
• Mafalda : Et hop, partagées les photos. Finie la rigolade, Roméo et Juliette ! Comme je vais vous griller partout !
Daria soupire, sombre. Elle s’envoie sa Téquila cul sec.
Noir complet. Silence puis “Standing In The Way Of Control” de Gossip.

SCÈNE III

Scène s’éclaire progressivement en même temps que la musique s’estompe. On découvre à nouveau Le chœur, toujours de dos.
• Chœur 1 se retourne et récite :
Bâtardes… Hermaphrodites… Dégénérées…
La DJ arrache son casque, lâche la manette et se fige. Après tous ses efforts pour pondre un texte qui exprimerait enfin ce qu’elle ressent, les mots se sont posés. On dirait qu’ils attendaient qu’elle lâche l’affaire, qu’elle se plonge dans ses jeux vidéo pour émerger. Elle ne sait pas trop pourquoi, mais cette fois la musique ne suffit plus. Elle a envie de dire, d’hurler et ces trois petits mots vont lui ouvrir la voie. Les mains sur son clavier magique, elle lance des nuages de mots dans la nuit virtuelle, elle déclare la guerre à la peur !
• Chœur 2 se retourne et enchaîne :
Bâtardes… Hermaphrodites… Dégénérées…
Casquées de bruits et de fureur • Elles traversent le temps • Le soleil est en deuil • Il neige sur les écrans fêlés • De leurs vies blanches…
• Chœur 3 se retourne et enchaîne :
Perchées sur leurs clouds • Casquées de bruits et de fureur • Dans leurs armures 3D • Elles ont tout oublié… • La clé des mots clés • Le tag des hashtags…
• Le chœur (les 3 ensemble) :
Le soleil est en deuil •  Il gèle sur les écrans brisés • De leurs vies blanches… • Casquées de bruit et de fureur • Elles ont tout déchiré • Le mur du son • Le ciel, l’horizon…

Noir complet. Silence.
Scène s’éclaire et les actrices viennent saluer…

 

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Rencontre-Dédicace Val Mc Dermid à Quais du polar

« ELLES ONT REFUSÉ DE SE TAIRE. ELLES ONT PAYÉ LE PRIX FORT. »

Photos Florence Gay-Corajoud

Lu, dévoré plutôt, « Les suicidées », que j’ai pu me faire dédicacer à Quais du Polar. J’en ai profité pour offrir #Jenaipasportéplainte à Val Mc Dermid en lui expliquant que ma commandante Carole Jourdan est inspirée de son inspectrice-chef de police Carol Jordan… Pas simple 😉

Merci à Florence Gay-Corajoud pour les photos. Un beau souvenir !

Présentation de l’éditeur
« Une série de suicides attire l’attention du profiler Toni Hill : les défuntes sont toutes des femmes ayant revendiqué leur engagement féministe sur Internet, et elles ont toutes été victimes de cyber harcèlement. Mais ces suicides en sont-ils vraiment ? Quel genre de tueur en série chercherait à camoufler ainsi ses crimes ? Et que signifient les livres de Sylvia Plath et de Virginia Woolf retrouvés à leurs côtés ?
L’enquête s’avère vertigineuse et Toni Hill est amené à refaire équipe avec Carol Jordan, encore fragilisée par ses propres démons. Avec l’aide d’une hackeuse de génie, ils se lancent à la poursuite d’un tueur obsessionnel qui n’a plus rien à perdre.
Dans Les Suicidées, Val McDermid reforme son duo de choc et signe un polar à vous glacer le sang, aux enjeux plus contemporains que jamais. »

«Les Suicidées», des militantes en ligne de mire
Article de Lenka Horňáková-Civade dans Libération :
« Les vraies interrogations posées par le roman sont ailleurs. A travers le personnage d’un déséquilibré, écorché vif par une enfance difficile, pleine de plaies mal soignées, l’auteure nous amène à réfléchir sur la place des femmes dans la société. Celle qu’elles veulent prendre, vivre, et celle qui leur est possible. On peut élargir cette réflexion à la possibilité d’être différent, de vivre autrement et de s’exprimer. Ici, Val McDermid parle en militante, avec conviction et verve. »

Val McDermid • Les Suicidées • Traduit de l’anglais par Perrine Chambon et Arnaud Baignot. Flammarion, 416 pp., 21 €.

Babelio rencontre Val McDermid – Les suicidées
Entretien avec Val McDermid à l’occasion de la rencontre entre l’auteur et les lecteurs de Babelio.com, le 29 mars 2017 pour son roman Les suicidées.

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Personnages-polar-jenaipasporteplainte-

#Jenaipasportéplainte – Marie-Hélène Branciard – Préface de Marie Van Moere – 2016 – éditions du Poutan

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#Ididntreport – Thriller – Marie-Hélène Branciard

 “He is as white as a sheets, tied up to his desk chair, he clenches his teeth, determined to say nothing. A few moments ago, Margaret Thatcher made him swirl twi oy three times, by pure sadism. By his side, the other one, hidden behind its Kim Jong-un’s mask, drums casually on its I-phone. « You know, Simon, she breaks in a soft voice, we are not like your friends the cops. Contrary to them, we want the truth and we can think of heaps of unpleasant things to make the garbage of your sort speak. » #Ididntreport (extract)

PARIS, PLACE DE LA NATION…

After a pro « Same-sex marriage » demonstration, Solün, press photographer, discovers the body of a young woman. At the hospital, she meets her friends – bit of a mad group of artists – and goes with them after the attackers. The commandant Jourdan, officially in charge of the investigation will not appreciate their help… The black bird of Twitter and the shadow of some monsters are haunting the story while a mysterious DJ talks about revenge and creation…

Personnages du polar #jenaipasportéplainte

IN THIS UNCONVENTIONNAL THRILLER,
« Marie-Hélène Branciard writes about funny and charming characters, lesbians in daily resistance for the respect for their humanity, smarts hackers, all of them orbiting round the investigation led by the commandant Jourdan who will try, in spite of the difficulties, to see that culprits get to the hands of justice. » Marie Van Moere (Foreword)

#Jenaipasportéplainte – Marie-Hélène Branciard – 2016 – éditions du Poutan

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#jenaipasportéplainte : genèse d’un roman… Cineartscene

« En seulement 2 romans, Marie-Hélène Branciard a su imposer un style bien à elle, par une écriture typée, hyper contemporaine, un rythme rapide, rock’n’roll,  au service d’histoires faussement familières et de héros avec lesquels on pourrait tous être amis. Après Les Loups du remords, roman de « bande post-adolescente », son polar #jenaipasportéplainte s’est construit autour d’une passionnante expérience, entre littérature et réseaux sociaux.  Où l’on découvre une mystérieuse Shane Zooey. Cineartscene a enquêté pour en savoir plus.« 

Avec cet avatar, Marie-Hélène-Shane parle avec des inconnus, de littérature, du droit des femmes, devient amie avec certains. Et écrit, s’inspirant de ces conversations, à l’insu des ses interlocuteurs, dont plusieurs sont aussi écrivains…

Chronique d’Emmanuelle Blanchet – Lire la suite sur Cineartscene

#jenaipasportéplainte : genèse d’un roman – Cineartscène – 7 janvier 2017


Cineartscene.info, le magazine culturel en ligne du Beaujolais… et d’ailleurs aussi parfois.

 


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#Jenaipasportéplainte à lire d’urgence avant l’apocalypse! Le Patriote

• Villefranche/Saône – Cultura – 16 décembre 2016 – 17H30 à 19H

 

 

 

 

« Vendredi 16 décembre, Marie-Hélène Branciard dédicacera de 17 h 30 à 19 h au magasin Cultura de Villefranche, son nouveau polar urbain intitulé #Jenaipasportéplainte.

Tout part de la découverte sur le net d’un mot-clic sur Twitter, d’un « hashtag » mis en ligne en 2012 par des femmes victimes de viol dans le monde entier : #Jenaipasportéplainte.
Dans un style incisif et réaliste, l’auteure lyonnaise aborde sans tabou ce sujet délicat avec en toile de fond l’ultra-connexion et la solitude des réseaux sociaux, paradoxe ultime de l’univers 2.0.
Bien que brisés, ses personnages déjantés restent en quête d’altruisme, d’amour et de sens dans un monde qui vacille.

A lire d’urgence avant l’apocalypse !

Préface de Marie Van Moere – Publié aux éditions du Poutan »

Jean-Jacques Nicoud – Journaliste-Correspondant local de presse – #Reporter 2.0
Cultura : Marie-Hélène Branciard présente son polar #Jenaipasportéplainte

LE PATRIOTE BEAUJOLAIS

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Marie-Hélène Branciard invente un style 2.0 – Cineartscene

Lip Service Series 2« Polar haletant, #Jenaipasportéplainte, est une histoire de vengeance. Et pas n’importe quelle vengeance. Celle dont toutes les femmes ayant subi un viol peuvent rêver… Après une manif pro « Mariage Pour Tous », Solün, photographe de presse, découvre le corps inanimé d’une jeune femme. À l’hôpital où elle l’accompagne, elle fait connaissance avec ses potes – une bande d’artistes un poil allumés – et se lance avec eux à la poursuite des agresseurs… »

Comme pour son premier roman, Les Loups du remord, l’auteur excelle dans la construction en puzzle. Les faits sont distillés progressivement avec l’habileté démoniaque propre aux auteurs de page turner. Le lecteur ne peut que se laisser emporter, à une vitesse effrénée, dans ce récit peuplé de personnages à fort tempérament, vrais héros ou vrais méchants, odieux à souhait. Portée par son sujet, Marie-Hélène Branciard, libère son écriture et invente un style 2.0, version littéraire hyper créative, parfois poétique même, des échanges sur réseaux sociaux.


Chronique d’Emmanuelle BlanchetLire la suite sur Cineartscene

La romancière Marie-Hélène Branciard au 3e Salon Des Livres en Beaujolais – Cineartscène – 19 novembre 2016.


Cineartscene.info, le magazine culturel en ligne du Beaujolais… et d’ailleurs aussi parfois.

 


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#jenaipasportéplainte Vous ne lâcherez pas ce polar urbain !

« Vous ne lâcherez pas ce polar urbain, avec des bouts de campagne de Bourgogne dedans, écrit par Marie-Hélène Branciard; truffé de références sériephiles et musicales contemporaines, avec des personnages utilisant les réseaux sociaux, leur puissance d’action et de feu… »

Si vous êtes branchées blogosphère, Facebook, Twitter, vous serez en terrain connu. Si vous ne comprenez pas à quoi servent ces réseaux sociaux, vous allez en découvrir la solidarité et l’efficacité.


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de la chronique sur le blog d’Hypathie…

Je n’ai pas porté plainte polar de Marie-Hélène Branciard – Hypathie Blogueuse – 4 novembre 2016.

 Hypathie – Blog féministe et anti-spéciste
« Hypathie d’Alexandrie est une mathématicienne philosophe qui vécut au début de l’ère chrétienne : elle mourut avant l’âge de 50 ans, lapidée par des prêtres chrétiens fanatiques qui lui reprochaient d’avoir plus d’audience à ses cours à l’université, qu’eux n’en attiraient pour écouter leurs sermons. A ce titre, elle est une victime des préjugés millénaires contre les femmes, préjugés qui perdurent à travers l’histoire et qui offensent toujours les capacités intellectuelles, les compétences et le potentiel des femmes. Ce blog étudiera les hiérarchies d’oppression : femmes, mais aussi colonisés, éros minoritaires, animaux, tous renvoyés à l’altérité par le dominant. »