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Je suis sûre que la créativité est du côté de la santé. Jeanette Winterson

Je lisais donc Les Années-chien au lit, et une voix extérieure – et non dans ma tête – a dit : « Lève-toi et mets-toi au travail. »
Je me suis habillée sur-le-champ. Je suis allée dans mon studio. J’ai allumé le poêle à bois, me suis assise enveloppée dans mon manteau car la pièce était glaciale et j’ai écrit – Cela a commencé comme toutes les choses importantes – par hasard.
Durant les jours qui ont suivi, j’ai écrit un livre pour enfants intitulé The Battle of the Sun.
Winterson_Jeanette

Chaque jour, je me mettais au travail sans idée de plan ni intrigue, mais simplement pour voir ce que j’avais à dire.
C’est pourquoi je suis sûre que la créativité est du côté de la santé. J’allais me remettre, et j’ai commencé à me remettre grâce au hasard du livre.
Il n’est pas surprenant qu’il s’agisse d’un livre pour enfants. La créature démente au fond de moi était une enfant perdue. Elle voulait qu’on lui raconte une histoire. L’adulte en moi a dû la lui raconter.
L’une des premières choses à s’être inventées dans ce nouveau livre était la Créature Coupée en Deux.

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? Jeanette WintersonÉditions de l’Olivier – 2011.

 

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La littérature, nous arrachait à tout… F. Sagan

sagan« Ce livre « la femme fardée« , fut pour moi la preuve pas encore évidente que la littérature, enfin l’inspiration plutôt, nous arrachait à tout, nous distrayait de tout, nous mettait au-dessus des mêlées… (…) J’avais l’impression fausse mais vivace que ma vie était là, sur ce gros bateau inventé avec ces héros romanesques, et que le restant de mon existence ne comptait pas ou plus. (…) C’était la première fois que je mesurais la force de l’invention, de l’imagination, ou plus globalement de l’inspiration. »

Derrière l’épaule François Sagan – P150
Pocket, 256 pages, 2010

« Comme si sa vie se confondait avec ses romans, Françoise Sagan a eu l’idée de se promener dans le paysage de son oeuvre. Idée amusante, parfois cruelle, qui l’entraîne dans une flânerie mélancolique à travers « profils perdus », « chagrins de passage », « lits défaits » et « bleus à l’âme ».
Au hasard de la lecture surgissent des moments de temps retrouvé : « le charmant petit monstre » de Cajarc, les années Saint-Germain-des-Prés, ses amours, ses maisons, ses voyages.
Voyages autour d’elle-même, pages confidentielles traversées de fous rires qui nous rapprochent encore d’un écrivain que nous admirons. Mieux : d’une personne que nous aimons. »