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#jenaipasportéplainte : genèse d’un roman… Cineartscene

« En seulement 2 romans, Marie-Hélène Branciard a su imposer un style bien à elle, par une écriture typée, hyper contemporaine, un rythme rapide, rock’n’roll,  au service d’histoires faussement familières et de héros avec lesquels on pourrait tous être amis. Après Les Loups du remords, roman de « bande post-adolescente », son polar #jenaipasportéplainte s’est construit autour d’une passionnante expérience, entre littérature et réseaux sociaux.  Où l’on découvre une mystérieuse Shane Zooey. Cineartscene a enquêté pour en savoir plus.« 

Avec cet avatar, Marie-Hélène-Shane parle avec des inconnus, de littérature, du droit des femmes, devient amie avec certains. Et écrit, s’inspirant de ces conversations, à l’insu des ses interlocuteurs, dont plusieurs sont aussi écrivains…

Chronique d’Emmanuelle Blanchet – Lire la suite sur Cineartscene

#jenaipasportéplainte : genèse d’un roman – Cineartscène – 7 janvier 2017


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Marie-Hélène Branciard invente un style 2.0 – Cineartscene

Lip Service Series 2« Polar haletant, #Jenaipasportéplainte, est une histoire de vengeance. Et pas n’importe quelle vengeance. Celle dont toutes les femmes ayant subi un viol peuvent rêver… Après une manif pro « Mariage Pour Tous », Solün, photographe de presse, découvre le corps inanimé d’une jeune femme. À l’hôpital où elle l’accompagne, elle fait connaissance avec ses potes – une bande d’artistes un poil allumés – et se lance avec eux à la poursuite des agresseurs… »

Comme pour son premier roman, Les Loups du remord, l’auteur excelle dans la construction en puzzle. Les faits sont distillés progressivement avec l’habileté démoniaque propre aux auteurs de page turner. Le lecteur ne peut que se laisser emporter, à une vitesse effrénée, dans ce récit peuplé de personnages à fort tempérament, vrais héros ou vrais méchants, odieux à souhait. Portée par son sujet, Marie-Hélène Branciard, libère son écriture et invente un style 2.0, version littéraire hyper créative, parfois poétique même, des échanges sur réseaux sociaux.


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La romancière Marie-Hélène Branciard au 3e Salon Des Livres en Beaujolais – Cineartscène – 19 novembre 2016.


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Virginie Despentes, un style taillé dans le roc(k) !

« Il y a peu de voix comme celle de Virginie Despentes en France. Un style taillé dans le roc(k), une plume acérée, un humour au napalm et une bonne dose de réflexion politique déguisée en provocation punk. On pourrait, maladroitement et en alignant ainsi les poncifs, tenter de résumer l’ouragan Despentes, la tempête trash et féministe qu’elle fait souffler sur la littérature française depuis le milieu des années 1990. On pourrait. On pourrait aussi songer au frisson de subversion qui a parcouru notre peau à la lecture de Baise Moi, et souhaiter que tout le monde le ressente. Même si en vrai, le frisson était une droite en pleine face. »

Vernon_Subutex(…) « Pourquoi c’est bien ? Parce que personne n’a eu les bollocks d’écrire comme elle en français et qu’elle dit ce qu’elle a à dire sans s’embarrasser de la bienséance. (…) Elle se fait le scribe polymorphe d’une époque, mais plus encore : des gens. Des gens qui constituent l’époque et se battent avec son chaos. »

Tara Lennart – 3 mars 2016 – Petit précis littéraire pour briller en société : Virginie Despentes – Diacritik

Extrait

« Il ouvre une bière et fait le tour du propriétaire. C’est une maison de parents, avec plein d’objets inutiles dedans, des choses qu’il n’imaginerait pas acquérir. Xavier a tout compris à la vie : il lui faut trouver une meuf qui ait de l’argent. Avant ils étaient jeunes ils voulaient des guerrières, des bêtes de sexe, des meufs bâties comme des créatures de rêve, ils voulaient du rock’n’roll et des chiennasses qui ne pensent qu’à ça, ils voulaient des bombasses, des pécheresses averties et des amazones qu’on soumet au pieu. On s’en fout de tout ça, en vieillissant. L’important, il a mis du temps à s’en rendre compte, c’est une meuf livrée avec un appartement comme celui-ci, des week-ends prolongés au soleil et l’état du frigo qui va avec. »

Vernon Subutex, 1 – Virginie Despentes – Éditions Grasset – 2015

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Je suis sûre que la créativité est du côté de la santé. Jeanette Winterson

Je lisais donc Les Années-chien au lit, et une voix extérieure – et non dans ma tête – a dit : « Lève-toi et mets-toi au travail. »
Je me suis habillée sur-le-champ. Je suis allée dans mon studio. J’ai allumé le poêle à bois, me suis assise enveloppée dans mon manteau car la pièce était glaciale et j’ai écrit – Cela a commencé comme toutes les choses importantes – par hasard.
Durant les jours qui ont suivi, j’ai écrit un livre pour enfants intitulé The Battle of the Sun.
Winterson_Jeanette

Chaque jour, je me mettais au travail sans idée de plan ni intrigue, mais simplement pour voir ce que j’avais à dire.
C’est pourquoi je suis sûre que la créativité est du côté de la santé. J’allais me remettre, et j’ai commencé à me remettre grâce au hasard du livre.
Il n’est pas surprenant qu’il s’agisse d’un livre pour enfants. La créature démente au fond de moi était une enfant perdue. Elle voulait qu’on lui raconte une histoire. L’adulte en moi a dû la lui raconter.
L’une des premières choses à s’être inventées dans ce nouveau livre était la Créature Coupée en Deux.

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? Jeanette WintersonÉditions de l’Olivier – 2011.

 

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Prépare-toi à t’enfoncer loin dans la forêt – Marie Van Moere

« It’s only rock ‘n roll but I like it »

it_s_only_rocknroll« Alors restons dans le thème du deuxième roman (deuxième étant un sous-ensemble de roman, bien sûr). Je parlais de la nouvelle un peu plus tôt. Je ne sais plus quel écrivain disait que si tu as une nuit, tu as une nouvelle. Avec le roman, t’as intérêt à prendre un big appel d’air pour te préparer à une longue apnée. Si tu préfères les images sylvestres, prépare-toi à t’enfoncer loin dans la forêt parce qu’il faut que tu ramènes la peau de l’ours (que tu ne vendras pas) après en avoir mangé le foie sous la voûte céleste. Bref. Mentalement et physiquement, écrire un livre c’est quelque chose. »
(…)

« Donc, tu réfléchis plus à ton art lors du deuxième roman mais pas vraiment à ta manière de faire, d’écrire, de vivre l’écriture de ton livre parce que de ces belles volontés totalement intégrées à toutes tes identités, l’irréductible dénominateur commun à chacune, c’est le désir désir désir désir désir désiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir. »

Lire l’article complet sur le blog de Marie Van Moere

 

 

 

 

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J’ignorais que les mots pouvaient dire le réel – Philippe Besson

Son frère

Son_frere« Le 21 août
Je ne me remets pas à l’écriture de mon deuxième roman. Voilà six mois que je n’y ai pas travaillé. Les mots du livre se sont interrompus d’eux-mêmes, quand la maladie a surgi dans nos existences. Tout à coup, cela a été impossible de continuer dans l’enchantement de l’écriture, dans le bonheur des histoires inventées. Cela m’aurait semblé une indécence. Et puis, surtout, la réalité a pris toute la place et chassé l’imaginaire. Les mots, ils ne peuvent plus servir qu’à dire cette réalité, pour tenter de l’éloigner un peu ou de la contenir. Depuis six mois, lorsque je m’assois devant le clavier, c’est de la maladie dont je souhaite parler, c’est d’elle uniquement dont je puis parler. Alors, j’ai fait ça, abandonner le roman en train de se faire, et j’écris à propos de Thomas, je raconte la vérité pour la première fois, je suis dans le réel. J’ignorais que les mots pouvaient dire le réel. »

Philippe Besson – Son frère – Janvier 2004 – Pocket.