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Bref, j’ai lu un bon polar, mais pas que… Impressions de Franck Balandier

Reçu ces impressions à propos de #Jenaipasportéplainte, d’autant plus précieuses qu’elles viennent de Franck Balandier, un auteur que j’admire. Je vous laisse lire… Quant à moi, je prends tout : les reproches, les compliments, et je savoure.

Marie-Hélène,

Voici mes impressions après avoir achevé la lecture de ton roman policier. Je dis « policier », mais il me semble que c’est plus que ça : la chronique désabusée d’une société en voie de décomposition avancée. En ce sens, j’ai également lu un roman à connotation fortement sociale.
Je t’avoue avoir été un peu décontenancé par les premières pages. Par la mise en place des personnages dont je ne savais pas trop, à ce moment-là, à quoi ils pourraient servir. La construction de ton récit, en simultanéité, possède des avantages, surtout au niveau du rythme, ça va vite, très vite, mais il requiert de la part du lecteur une attention soutenue s’il ne veut pas perdre le fil.

Au début, toujours, j’ai été gêné par le ton résolument moderne que tu adoptes, en ayant recours au vocabulaire des dernières technologies du net. Je pense que tu en as fait un peu trop. On comprend assez vite où tu veux en venir. Pas besoin d’insister outre-mesure.

Ce sont les deux « reproches » dont je souhaitais te faire part. Passons aux compliments. Ils sont nombreux.

Tu possèdes un sens de la narration indéniable. Un rythme soutenu, un ton résolument moderne assumé, des personnages tenus jusqu’au bout. Je me suis laissé avoir par cette histoire qui pourrait tout à fait être déclinée en film. Le « milieu » dans lequel se déroule l’intrigue (geek et homosexuel) me semble une trouvaille, et cette bande de vengeurs masqués en est une autre.
Je t’envie également pour cette facilité que tu possèdes à faire vivre ton histoire et tes personnages à travers des dialogues nombreux et maîtrisés, ce qui donne une présence indéniable aux situations que tu proposes.

Malgré le peu de temps qui me restait avec mes corrections d’épreuves, j’ai dévoré ce livre et, très bon signe, je brulais d’envie, en cours de lecture, d’en connaître la fin. Takavoir !

Bref, j’ai lu un bon polar, mais pas que (tu fais bien passer tes idées, par ailleurs), bien écrit, sans aucun temps mort, sans aucune redondance, tu vas toujours à l’essentiel, privilégiant l’action à la réflexion. Mais là où tu es balaise c’est que derrière chaque action purement narrative, tu laisses entrevoir une réflexion, une place laissée au lecteur, pour que ce roman ne soit pas seulement pur divertissement.
Pour tout cela, bravo !
Je t’embrasse.

Franck

♠ #Jenaipasportéplainte Marie-Hélène Branciard – Préface de Marie Van Moere – Septembre2016.

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J’ai rencontré Franck Balandier sur Facebook. Il a d’abord été l’ami de Shane Zooey, mon double virtuel, avant de devenir le mien. Les premier textes que j’ai lu ont été ses poèmes publiés dans Le Zaporogue, la revue créée par Sebastien Doubinsky à laquelle je participais également. C’est à partir de là que j’ai découvert ses textes – poèmes, extraits de ses ouvrages à paraître, puis son roman, Le silence des rails (1) qui raconte l’histoire des « culs roses » sous l’occupation nazie – et qui m’a bouleversée. Écriture blanche, sèche, inventive ; témoignage brutal qui se laisse peu à peu contaminer par une poésie salvatrice. Pour survivre, Etienne, homosexuel déporté, « accélère son regard poétique sur les choses » et va survivre grâce à son imaginaire, à sa « collection d’éprouvettes remplies de fleurs mortes » et au « cri des coquelicots » dans sa main quand il les déchire… Un texte d’une force rare.

(1) Le silence des rails, février 2014, Franck Balandier, Flammarion – 212 pages, 12 €
A paraître, le 12 janvier 2017, aux Éditions Félicia-France Doumayrenc, Le corps parfait des araignées.

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Wild little mermaid

Tu croises Anita à la sortie du So What…

Tu la connais vaguement : amie d’une amie, rencontrée dans un vernissage. Perchée sur ses tacones lejanos, complètement défaite, cinq ou six ballons de baudruche accrochés à son sac, elle essaye vainement d’attraper un taxi tout en chantonnant The End of The Story d’Héléna Noguera… « I will never know the end of the story… I will… never mind… cos if I mind… ». Alors qu’elle entame une vague chorégraphie, tu lui proposes de la raccompagner… « Ouiiiiiiiiiii, tu me plais toi ! Elles sont trop bien tes shoes ! Tu veux un ballon ? » Tu mets trois plombes à trouver un taxi qui veuille bien vous amener à Montreuil. À l’arrivée, Anita se vautre en se prenant les pieds dans la ceinture de sécurité. Le type du taxi balance « Bien fait pour sa gueule ! » avant de démarrer en faisant couiner ses pneus. Rancunier le type. Il est vrai qu’entre deux chansons, Anita a bien cramé le siège arrière de sa bagnole…

A peine rentrée chez elle, elle attrape sa télécommande et lance un dessin animé porno sur son home cinéma. Une sirène aux longs cheveux roux se fait baiser par une grosse pieuvre bleue aux cheveux blancs. Couchée sur une épave de bateau pirate, échouée au fond d’une mer transparente, le monstre et la sirène s’en donnent à cœur joie. Tu t’y croirais presque… Tu t’installes devant l’écran pendant qu’Anita envoie valdinguer ses talons aiguilles et redevient une toute petite nana. Elle rejoint sa chambre en se cognant un peu partout et disparaît… Sur le home cinéma la sirène n’en finit plus de jouir entre les tentacules bleues d’une improbable goudou des mers. Tu te laisses embarquer…

Queer Spirit – Shane Zooey – Juin 2013.

Helena Noguerra – The end of the story- Album « Année Zéro »

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Les monstres sont comme le bruit de fond…

CYCLOPE

Browning and his cast

Il paraît que les monstres sont ce que les autres ne veulent pas être ? Tu t’intéresses depuis longtemps à ce mot : monstre, monster, streum… Il y a une citation de Michel Foucaud* que tu n’as jamais totalement comprise mais qui te titille : « Les monstres sont comme le bruit de fond, le murmure ininterrompu de la nature… »

Attraction… répulsion… Tu les cherches, tu les fuis… mais c’est trop tard : ils ne te lâchent plus ! Ils sont là, comme une ombre, un reflet aux pouvoirs magnétiques…  Il faut croire que tu es en eux comme ils sont en toi. Mal réveillée, mal fagotée, mal épilée… tu les aperçois de temps à autre, quand tu te croises dans une vitrine ou un miroir dérobé…

Hier, au True Women, l’un d’entre eux s’est assis à tes côtés : Françoise, un mètre quatre vingt, des cheveux longs, blonds, un visage ingrat, défiguré par l’acné… Un mélange étrange d’homme et de femme, sans qu’on arrive à savoir quel sexe pourrait prendre l’avantage… Et puis, une voix, si douce… un contraste surprenant entre cette voix et ces épaules carrées, entre les bijoux en or, les fines boucles d’oreilles et la lourde mâchoire griffée de cicatrices…

Elle parle à toute vitesse, contente de vider son sac, en jetant des regards méfiants derrière elle. Un instant, tu imagines qu’elle vient de s’échapper d’une expo de Patricia Piccinini et qu’ils sont à sa poursuite… Elle te dit que dans la rue, les gens la regardent avec insistance, se retournent parfois sur elle après l’avoir croisée. Le plus difficile à assumer, ce sont les réactions des enfants qui lui demandent à chaque fois : « T’es un garçon ou une fille ? » Une question qui l’angoisse, qu’elle sent venir et à laquelle elle doit répondre depuis toujours. La plupart des adultes n’osent pas la poser mais elle est gravée dans leurs regards. « Des fois, j’ai l’impression d’être un cyclope… »

« Journal d’une blogueuse dérangée » (extrait) – 7 juillet 2015 – Le Zaporogue XVII.

* Michel Foucault – Les mots et les choses (Une archéologie des sciences humaines). Gallimard – 1966.

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Ton avatar caché entre deux touches de mon clavier…

Ton avatar caché entre deux touches de mon clavier
Aucune trace du mal que tu m’as fait… en vrai
Mais tout est brisé au fond de moi… en moi
M@rylin
Tout a commencé quand j’ai lu ce poème glauque sur le Facebook d’une M@rylin aussi victime que la vraie…Et puis il y a eu cette série de tweets avec le hashtag #jenaipasportéplainte. Des femmes du monde entier qui ont expliqué en 140 caractères pourquoi elles n’ont pas porté plainte après un viol ou une agression sexuelle :

– Parce que c’est lui qu’on a cru
– Parce que j’étais saoule
– Parce qu’un psy m’a dit que ce n’était pas un viol s’il n’avait pas d’arme
– Parce que je n’ai ni crié, ni mordu, ni frappé
– Parce que c’était le mec avec lequel je vivais…

Il y a des tas de raisons pour ne pas porter plainte après un viol. Mais moi, j’ai porté plainte et j’ai perdu… Le salopard qui m’a violée a nié et je n’ai pas pu prouver sa culpabilité. Alors, quand j’ai lu tous ces messages je me suis dit : « Mais putain de bordel de merde pourquoi pleurer partout qu’on n’a pas
porté plainte ?!! Ça leur fait une belle jambe aux violeurs… Ça peut même les conforter dans leurs certitudes d’être intouchables ce type de message. »
Alors, les filles, je vais vous raconter ce que j’ai fait…

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Les femmes brisent le silence

PasdeJusticePasdePaix

#Nous avons lancé jeudi pour la France le hashtag #jenaipasportéplainte. Il a été retweeté des centaines de fois. Et le phénomène ne s’arrête pas. Comme prévu, les trolls ont passé leurs chemins, les témoignages restent. il y en a maintenant près de 500.
« L’ampleur des messages reçus à l’occasion de la campagne sur Twitter qui prolonge celle lancée par Pas de justice, pas de paix, nous montre combien il faut faire évoluer cette société qui est dans le déni des violences faites aux femmes et ne veut pas croire les victimes. »

Article à propos du lancement du hashtag #jenaipasportéplainte sur Twitter (30 mars 2012).

Lire la suite : pasdejusticepasdepaix

Par Sandrine Goldschmidt et Muriel Salmona – www.slate.fr

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Queer Spirit

Naissance du blog Queer Spirit

« C’est parti d’une idée de reportage kaléidoscopique sur sa vie, celle des avatars et des humanoïdes qu’elle croisait dans les bars, les boîtes, les blogs, les forums, sur Facebook, My Space ou dans Second Life. Daria voulait comprendre ce qui lui arrivait quand elle fabriquait son univers en tapotant sur un clavier ou en promenant une souris verte ou bleue jusqu’au bout de la nuit, quand elle volait d’une histoire de sexe à une autre… Elle voulait surtout ralentir le mouvement, savoir quand s’arrêtait la vraie vie et quand commençait l’autre…
Mafalda lui a suggéré de créer un blog anonyme et de rédiger son journal intime en ligne pour s’y poser quotidiennement, raconter ses rencontres, ses découvertes et peut-être trouver des réponses à ses questions… Elles en ont parlé jusqu’au petit matin et puis Mafalda a donné le jour à Queer Spirit en quelques clics… C’est Daria qui a suggéré ce titre, en référence au Teen spirit de la chanson de Nirvana repris par Virginie Despentes pour l’un de ses romans et c’est Maf qui a trouvé son pseudo : La Souris Déglingos , un hommage à un groupe punk qui existait bien avant que la souris informatique soit inventée.
Elles bossent ensemble depuis ce jour. Quand Maf repère une arnaque, Daria se charge de diffuser l’info sur son blog. Il lui arrive aussi d’intervenir In Real Life, comme ce soir, mais c’est plus rare… Malgré les risques que ça implique, la journaliste adore ça. C’est dans ces moment là qu’elle a vraiment l’impression d’être utile, quand la vraie vie rejoint l’autre… »

Extrait #Jenaipasportéplainte – Marie-Hélène Branciard – P.38.