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#Jenaipasportéplainte, polar prenant, vif, jouissif ! Les vagabonds sans trêves

Cher tout le monde, femmes, hommes et tant d’autres, #Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard, publié aux Éditions du Poutan, en 2016, est un polar prenant, vif et jouissif, hyper contemporain et sans frontières qui traite du viol, cette atrocité qu’aucune démocratie ne devrait considérer à la légère.

En refermant ce polar aux vertus addictives de bonnes séries américaines, j’ai fait le vœu d’une suite.

(…) Riche en références artistiques : ciné, musique, séries télé, rap, pop et punk culture, #Jenaipasportéplainte fait le lien entre différents univers : urbain et rural, artistique, underground, LGBT, clubbing et, bien sûr, les réseaux sociaux favorisant les activismes numériques et les échanges dont l’auteure restitue bien les différents types d’écriture : SMS, tweets, commentaires, post sur Facebook et sur des blogs comme le fameux Queer Spirit de La Souris Déglingos, le pseudo de Daria qui relaie les actions du commando Fucking Debra (comme la sœur de Dexter), dont les posts sont jubilatoires.
Loin l’individualisme et de son exaltation du droit à jouir dans la fausse innocence d’un après moi, le déluge, #Jenaipasportéplainte est irrigué par l’affirmation d’une liberté sexuelle inséparable du respect de l’autre et de la justice sociale. Les personnages positifs et conscients des tares de la société défendent la dignité humaine, le fait d’être soi en assumant ses différences, une richesse qui les expose aux préjugés et aux conformismes asphyxiants. (…)
Avec pour fil conducteur une campagne européenne de fresques murales orchestrée par des artistes de street art dénonçant le silence de l’Église autour des prêtres pédophiles, les cinquante premières pages du roman ressemblent à une mosaïque dynamique composée de brefs récits introduisant des personnages, majoritairement femmes et lesbiens, intéressants, créatifs, concrets et attachants. On s’y perd, comme, lorsqu’on débarque dans une soirée où, en une fois, on rencontre trop de monde. Mais ce monde a du tempérament et un bel esprit assaillant ! (…)

En refermant ce polar aux vertus addictives de bonnes séries américaines, j’ai fait le vœu d’une suite. La singularité des personnalités, leur éthique généreuse de rebelles à l’autorité, à la fois indépendants et soucieux de collaborer avec les autres, leurs relations amicales et amoureuses et les thématiques enracinées dans l’aujourd’hui méritent d’être creusées dans un deuxième tome, voire plus… Une saga… ? Why not ?

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« LES FILLES, QUE LA FORCE VENGERESSE SOIT AVEC VOUS ! » • Article de Christophe-Géraldine Métral sur le blog Les vagabonds sans trêves – 17 octobre 2017


Christophe-Géraldine Metral
Christophe-Géraldine Metral
« Les vagabonds sans trêves, blog littéraire et culturel de partouts… »

 


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En désintox sur Zombieland

Le ventilo échappé de Brazil avait failli me décapiter en tombant du plafond. Rien à dire, je nageais en pleine authenticité. Z’avaient pas lésiné sur le décor. Dehors, un volet claquait sans discontinuer et des immeubles déglingués s’alignaient à perte de vue. Le vent se glissait partout et jouait négligemment avec un drapeau en lambeau. C’était lui le boss désormais. Même les oiseaux avaient changé d’État… Un soleil assassin attendait le chaland en faisant cramer de vieilles carcasses de bagnoles.
Je contemplais ma valise grande ouverte sur un immense lit. Un groom aux allures de vigile venait de la fouiller après m’avoir confisqué mon smartphone. De toute façon, y avait pas de réseau. Mais c’était pas la peine de discuter : j’avais signé pour le meilleur et pour le pire.
Sur un petit meuble sixties qui avait dû arborer des couleurs pimpantes,  un tourne-disque attendait prêt de sa pile de vinyles : Lou Reed, Bowie, Dylan, Leonard Cohen, Janis Joplin, The Rolling Stones… que du lourd ! J’allais me régaler. Il fallait juste attendre que la panne d’électricité soit réparée…
Bon, autant s’y mettre. C’est surtout pour ça que j’étais là. Me désintoxiquer et écrire… J’avais tout de suite repéré le bureau, un gros meuble calé face à un mur beige à peine fendillé. Peu de chance d’échapper à mon imagination. Et posée là, comme une reine, une énorme Underwood ! C’est exactement ce qui était indiqué dans la brochure : « Une machine à écrire entièrement mécanique sera mise à la disposition des curistes.» À côté de la bête, un mode d’emploi expliquait son maniement : « Lorsqu’on arrive à l’extrémité de la feuille, ou lorsqu’on veut aller à la ligne, on actionne le levier de retour de chariot, situé au bout de celui-ci, ce qui permet de réarmer le ressort en ramenant le chariot en début de ligne et d’actionner un mécanisme qui fait tourner le cylindre d’un cran pour aller à la ligne suivante. » *
Je m’installais pour la tester. J’attrapais une feuille blanche, l’enroulais et commençais à tapoter maladroitement les « lettres gravées sur leur petit bloc de métal ». J’avais deux mois pour m’habituer au clavier américain. C’est en me relisant que j’ai remarqué qu’il manquait le R. J’en parlerai au groom… ou pas. Après tout, ça pouvait être un truc encore plus motivant. Peut-être l’occasion de faire un remake de La disparition
En tout cas, il n’y avait aucune possibilité de liker avec cette bestiole. Et c’était ça l’essentiel.  Pas possible non plus de partager la moindre photo ou d’aller vérifier des trucs sur Google… J’étais à nouveau seule sur ma planète, sans R mais avec toutes les autres lettres pour essayer d’inventer la vie.

Marie-Hélène Branciard – 31 juillet 2017.

* Wikipédia – Article « Machine à écrire« .

Photo : City Of Detroit Teeters On Bankruptcy As State Audits Its Finances (Photo by J.D. Pooley/Getty Images).

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Contact Marie-Hélène Branciard auteure de #Jenaipasportéplainte

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Née au siècle dernier au Sahara, Marie-Hélène Branciard a vécu à Lyon, Paris et Dijon. Après des études de sociologie, elle a été successivement pigiste, chargée d’études sociologiques… Actuellement webmaster pour le site du salon Des Livres en Beaujolais, elle écrit son troisième roman et tient un blog dédié au design et à l’écriture.

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Un hashtag repris par des milliers de victimes de viol… – Le Patriote

Un hashtag repris par des milliers de victimes de viol... - Le Patriote

Le hashtag #Jenaipasportéplainte (#ididnotreport en anglais) a été lancé sur Twitter en 2012, explique Marie-Hélène Branciard. Initié par des féministes anglaises il a été repris par des milliers de femmes, victimes de viol, qui expliquaient en 140 caractères les raisons pour lesquelles elles n’avaient pas porté plainte : parce que c’était un membre de la famille, parce qu’elles avaient trop buou encore parce que leurs parents les en dissuadaient… Le polar est né du choc reçu à la lecture de ces témoignages. Quelques temps auparavant, j’avais démarré une nouvelle qui racontait l’histoire d’une jeune femme essayant de se reconstruire après un viol. J’ai décidé de la réécrire en intégrant ce hashtag ainsi que d’autres témoignages et en mettant en valeur la chaîne de solidarité magnifique qui s’était mise en place. De fil en aiguille, j’ai créé de nouveaux personnages, une histoire plus complexe : la nouvelle est devenue un roman…

Laurence Chopart • LE PATRIOTE BEAUJOLAIS •  – 24 août 2017

#Jenaipasportéplainte – Marie-Hélène Branciard – Préface de Marie Van Moere – septembre 2016 – éditions du Poutan

Résumé

Paris, place de la Nation… Après une manif pro « Mariage Pour Tous », Solün, photographe de presse, découvre le corps inanimé d’une jeune femme. À l’hôpital où elle l’accompagne, elle fait connaissance avec ses potes – une bande d’artistes un poil allumés – et se lance avec eux à la poursuite des agresseurs. Le commandant Jourdan, officiellement chargé de l’enquête va moyennement apprécier leur aide…

Les oiseaux noirs de Twitter® et l’ombre de quelques monstres planent sur ce récit tandis qu’une mystérieuse DJ nous parle de vengeance et de création… Noir, émouvant, hors-la-loi, #Jenaipasportéplainte explore des zones qui nous touchent tous: la solitude des ultra connectés, la soif éternelle de trouver l’âme sœur, l’espoir de donner un sens à un univers qui part en vrille.

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Lecture de #Jenaipasportéplainte : dialogues théâtralisés…

Suite à une proposition d’une troupe d’actrices du Centre LGBT Paris Ile de France, j’ai réécrit quelques extraits du polar #jenaipasportéplainte sous forme de dialogues théâtralisés.
Trois 
scènes se succèdent pour garder le rythme du livre construit sur celui des séries TV. Une lecture a eu lieu le 22 juin 2017 au Centre LGBT Paris-ÎdF

D’autres ouvrages présentés au 6e Salon du Livre Lesbien étaient également « mis en scène »  : « Anveshan » de Sylvie Géroux ; « L’Amour rêche » de Valérie Dureuil ; « Piste rose » de Cy Jung ; « Ladie’s Taste » de Laura Trompette ; « X » de Fanny Mertz ; « Contes à Rebours » de Typhaine D.

Voici le texte avec quelques photos des actrices en action. Merci à elles pour cette lecture originale de mon polar !

#JENAIPASPORTÉPLAINTE / DIALOGUES THÉÂTRALISÉS

SCÈNE I 

Noir complet. Musique “See you all” ou “World Falls Apart”.  (Ambiance fin du monde).
Scène s’éclaire progressivement en même temps que la musique s’estompe.
Trois personnes (Le chœur) alignées de dos. Habillées en noir avec sweet, capuche sur la tête.

Chœur 1 se retourne, elle a un masque Anonymous. Elle récite un poème (ton monocorde) :
« Ton avatar caché entre deux touches de mon clavier
Aucune trace du mal que tu m’as fait… en vrai
Mais tout est brisé au fond de moi… en moi
Mais #jenaipasportéplainte / But #Ididntreport / Haber #ichhabnichtangezeigt »

• Chœur 2 se retourne (elle a également un masque Anonymous) et enchaîne :
« Tout a commencé quand j’ai lu ce poème glauque sur le Facebook d’une Marylin aussi victime que la vraie… Et puis il y a eu cette série de tweets avec le hashtag #jenaipasportéplainte. Des femmes du monde entier qui ont expliqué en 140 caractères pourquoi elles n’ont pas porté plainte après un viol ou une agression sexuelle »

• Chœur 3 se retourne (elle a également un masque Anonymous) et enchaîne :
—  Je n’ai pas porté plainte parce que c’est lui qu’on a cru
• Chœur 1 :  Je n’ai pas porté plainte parce que j’étais saoule
• Chœur 2 : Je n’ai pas porté plainte parce qu’un psy m’a dit que ce n’était pas un viol s’il n’avait pas d’arme
• Chœur 3 :  Je n’ai pas porté plainte parce que je n’ai ni crié, ni mordu, ni frappé
• Chœur 1 : Je n’ai pas porté plainte parce que c’était le mec avec lequel je vivais…
• Chœur 2 : Je n’ai pas porté plainte parce que Zorro est arrivé juste à temps pour l’empêcher de me violer, et qu’une tentative « c pas si grave »
• Chœur 3 : Je n’ai pas porté plainte parce que c’était mon cousin et j’avais peur que ma famille ne me croit pas.

Noir complet. Silence. Puis voix qui sort de la nuit :

• Chœur 3 : Il y a des tas de raisons pour ne pas porter plainte après un viol. Mais moi, j’ai porté plainte et j’ai perdu… Le salopard qui m’a violée a nié et je n’ai pas pu prouver sa culpabilité. Alors, quand j’ai lu tous ces messages je me suis dit : « Mais putain de bordel de merde pourquoi pleurer partout qu’on n’a pas porté plainte ?!! Ça leur fait une belle jambe aux violeurs… Ça peut même les conforter dans leurs certitudes d’être intouchables ce type de message.
Alors, les filles, je vais vous raconter ce que j’ai fait…

SCÈNE II

Noir complet. Silence. Scène s’éclaire progressivement.
Le Chœur a disparu. On découvre une table de bar avec 3 ou 4 chaises autour.
Une fille (Daria) est installée devant une Tequila et regarde attentivement autour d’elle, tout en consultant son smartphone. Elle porte un t-shirt facilement reconnaissable de loin [dans le polar il s’agit d’un t-shirt I Don’t Give A Fuck des Peaches mais ça peut-être Gossip, Indochine, Lady Gaga…].
Musique de fond : I U She des Peaches ou Fuck you de Lily Allen
Le téléphone de Daria sonne. Elle répond. La musique de fond s’estompe.

• Daria : Salut Zabou… Ouais… Ok… Euh, j’suis au Banana là, mais je peux pas trop te parler.
Elle écoute la réponse.
— Je fais la chèvre.
Elle sourit en disant cela tout en surveillant les alentours. Elle rigole doucement en entendant ce que lui dit Zabou au téléphone et répond en baissant la voix :
— En fait… je sers de proie. Mafalda a repéré deux tordus qui piègent des homos… Du coup on essaye de les coincer. J’ai rendez-vous avec une certaine Juliette… J’te laisse !
Daria raccroche alors qu’une jeune femme s’avance vers elle et lui fait signe qu’elle a reconnu son t-shirt. La femme est super sapée, mini-jupe, cheveux longs blonds, lunettes fumées, rouge à lèvres. Elle sourit largement. Très à l’aise.

• Juliette : Chouette t-shirt !
• Daria : Merci…
Juliette s’installe. Elle mate discrètement vers le bar ou on imagine que son acolyte est installé.
Daria sourit également, d’un sourire moqueur. Elle sort une photo de son sac :
• Daria : Sans vouloir être désagréable, tu ressembles pas vraiment à la super meuf de ton profil Facebook.
Juliette se crispe un peu mais continue de sourire.
• Juliette : Ah Ah ! toi non plus !
• Daria : Ouais sauf que moi j’ai pris une photo de Shane, l’actrice de The L Word, c’est évident que j’vais pas lui ressembler.
• Juliette : C’est vrai… bon, on s’en fout non ? Si on allait discuter chez moi ?
• Daria : Y a pas le feu ? Si ? Je sais bien que je suis irrésistible, mais bon… je boirai bien une autre Téquila moi !
• Juliette : Ok (du bout des lèvres).
Sur ce, Mafalda déboule, portable en bandoulière dans son Bag Street, perruque rose, perfecto brillant, smartphone à la main. Elle les toise du haut de son mètre 80, fait la bise à Daria, attrape une chaise et s’assoit à la cow-boy, jambes écartées et dossier devant elle.
• Mafalda : Ça va ?! J’espère que j’dérange pas ?
Maf arbore un sourire hilare.
• Daria : Du tout… Juliette, je te présente Mafalda.
• Juliette : Enchantée.
Juliette sourit à peine, de plus en plus crispée. Elle attrape son sac et lance à Daria :
— Bon, on y va ?!
• Mafalda : Vous allez où ?
• Daria : Chez Juliette. Tu veux venir ? Daria dévisage insolemment Juliette et lui demande : ça te dirait un plan à trois ?
Entre temps, Mafalda a pris plusieurs clichés de Juliette, sans se cacher, presque à bout portant. Elle vérifie la qualité des images sur son smartphone.
• Mafalda : Tu sais qu’t’es photogénique toi ?!
Juliette attrape son sac et se barre presque en courant sans demander son reste.
• Mafalda : C’est bon ! J’ai sa photo et celle du salopard qui l’accompagnait. Regarde les qui se sauvent !
Daria et Mafalda regardent vers l’entrée du bar. Elles ne rigolent plus du tout. Maf sort son portable et commence à pianoter à toute allure.
• Mafalda : Et hop, partagées les photos. Finie la rigolade, Roméo et Juliette ! Comme je vais vous griller partout !
Daria soupire, sombre. Elle s’envoie sa Téquila cul sec.
Noir complet. Silence puis “Standing In The Way Of Control” de Gossip.

SCÈNE III

Scène s’éclaire progressivement en même temps que la musique s’estompe. On découvre à nouveau Le chœur, toujours de dos.
• Chœur 1 se retourne et récite :
Bâtardes… Hermaphrodites… Dégénérées…
La DJ arrache son casque, lâche la manette et se fige. Après tous ses efforts pour pondre un texte qui exprimerait enfin ce qu’elle ressent, les mots se sont posés. On dirait qu’ils attendaient qu’elle lâche l’affaire, qu’elle se plonge dans ses jeux vidéo pour émerger. Elle ne sait pas trop pourquoi, mais cette fois la musique ne suffit plus. Elle a envie de dire, d’hurler et ces trois petits mots vont lui ouvrir la voie. Les mains sur son clavier magique, elle lance des nuages de mots dans la nuit virtuelle, elle déclare la guerre à la peur !
• Chœur 2 se retourne et enchaîne :
Bâtardes… Hermaphrodites… Dégénérées…
Casquées de bruits et de fureur • Elles traversent le temps • Le soleil est en deuil • Il neige sur les écrans fêlés • De leurs vies blanches…
• Chœur 3 se retourne et enchaîne :
Perchées sur leurs clouds • Casquées de bruits et de fureur • Dans leurs armures 3D • Elles ont tout oublié… • La clé des mots clés • Le tag des hashtags…
• Le chœur (les 3 ensemble) :
Le soleil est en deuil •  Il gèle sur les écrans brisés • De leurs vies blanches… • Casquées de bruit et de fureur • Elles ont tout déchiré • Le mur du son • Le ciel, l’horizon…

Noir complet. Silence.
Scène s’éclaire et les actrices viennent saluer…

 

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Ma lecture de Petite louve de Marie Van Moere

« Pour venger sa fille, sauvagement agressée alors qu’elle rentrait du collège, une mère a commis l’irréparable. L’instinct a parlé.
Les voilà toutes les deux en fuite sur les routes de Corse – la mère, aux abois, la gamine, petit bout de femme trop vite grandi –, traquées par la meute. Car celui que la femme sans histoire a tué, celui qu’elle considère comme un monstre, est aussi un fils, un frère appartenant à une famille de gitans sédentarisés. Une famille avec son passé et ses drames, à laquelle on ne s’attaque pas impunément.Sous un soleil impitoyable, les lois du sang et de la vengeance imposent leur cycle sans fin. » (présentation de l’éditeur)

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J’ai fait la connaissance de Marie Van Moere en lisant Petite louve. Une belle rencontre littéraire et un récit qui m’a marquée et certainement inspirée lorsque j’écrivais #Jenaipasportéplainte.

Il y a des points communs entre nos deux polars – le viol et la vengeance –, et c’est en partie pour cela que j’ai demandé à Marie de m’écrire une préface. En partie seulement, d’autres critères, plus importants ont motivé mon geste : mon admiration pour son écriture, râpeuse, directe, à fleur de peau, pour ses personnages extrêmement touchants et pour tout ce qui m’a fait vibrer au-delà de l’intrigue, par ailleurs magistralement menée.

Souvent, quand un livre me plait, je recopie à la main quelques passages qui me touchent particulièrement. Je n’obéis à aucune logique, je fais ça au feeling, par pur plaisir.
C’est toujours un peu étrange de retranscrire les phrases d’autres auteurs, de se glisser dans leur peau. On découvre une façon étonnante de s’exprimer. On aurait sans doute écrit différemment, peut-être en prenant les faits par un autre bout, peut-être en galérant pendant plusieurs jours sans y parvenir…
Petite louve n’a pas échappé à cet exercice obsessionnel. J’ai noté peu d’extraits mais qui m’ont durablement impressionnée. Le premier parle d’un cachalot, le roman commence à peine, on sait qu’on va aimer cet univers :

« Elle contourna son lit vers les bandes dessinées posées à même la moquette. Tous les classiques redressèrent la tête dans l’espérance qu’elle les feuillette à nouveau. Son prélèvement dans la rangée provoqua un atterrissage brutal de quelques Hellboy dans son Eastpack qui lui tiendrait lieu de sac à dos de voyage. Dans sa tête, un cachalot fit son apparition. (…)
Ses nerfs se tendaient. Elle ne partirait pas sans un livre de vacances avec sa mère. Mais comment savoir ? Avec ceux qu’elle n’avait pas lus, elle pourrait être déçue. Un cachalot plongea et la petite l’imagina dans les abysses. Elle retourna vers son placard et se rassit en tailleur, Moby Dick, elle serra le livre contre elle un moment. C’était celui-là qui voyagerait avec elle. »

D’autres phrases ont suivi, recopiées dans mon journal. La mère dévastée, « l’essaim de frelons  qui vibre dans ses yeux ». Des phrases courtes.  L’horreur, l’angoisse, la tendresse pour essayer de réparer, la pudeur pour le dire…

« La petite devait reprendre goût aux choses. Elle lui raconterait. Avec les jours et les semaines qui s’écoulaient son corps disparaissait sous les agressions.
« Comment ne pas savoir ? » se dit-elle à voix haute. Ne pas savoir la nourriture jetée ou rejetée, les seins écrasés, les menstruations fossilisées par les privations. Plus rien ne devait sortir ou entrer  dans ce corps. Fluet spectre qu’elle n’osait même plus trop câliner quand la petite elle-même ne s’y opposait pas. »

Et puis, de petits îlots poétiques, des phrases plus longues, plus douces, belles.

« Se baigner, loin, dans le silence, flotter au-dessus d’une étendue d’algues, plonger en apnée et s’y blottir les yeux fermés en luttant contre la remontée, remonter, inspirer, flotter encore puis redescendre chercher une poignée de sable qui s’évanouira dans la main, émerger à la limite de la noyade, inspirer comme la première fois. Rentrer au rivage et sentir la pesanteur l’enserrer de nouveau, étourdie par cette légèreté fugace que ne connaissent ni les coureurs de fond, ni les chuteurs.»

On les savoure, on respire… mais ça ne dure pas et c’est normal. La violence répond à la violence, la mère louve repart au combat…

Je pourrais en dire plus sur ce beau polar, vous parler de ce que j’y ai retrouvé… Entre autres, cette fascination pour la Corse, la sauvagerie de l’île, « territoire intense et déchiqueté »… mais je vais vous laisser le découvrir à travers d’autres regards :

Librairie Charybde
Quatre Cent Quatre

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BIO
Née en 1977 à Pau, Marie Van Moere passe ses premières années à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane Française. Son enfance est marquée par de nombreux voyages qui vont grandement déterminer sa sensibilité, « quelqu’un de réceptif, d’adaptable et de lointain » comme elle se décrit elle-même. Depuis quelques années, elle vit et écrit en Corse. Petite louve son premier roman, a été finaliste pour le prix Landerneau polar 2014, pour le 13ème prix marseillais du polar 2016 et a reçu le prix Plaidoiries pour un polar 2014.

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BIBLIO

buckaroo Marie Van Moere E-Fractions, 2014.– Petite louve, Pocket, 2015.
– Petite louve, La Manufacture de livres, 2014.
– Buckaroo – E-Fractions, 2014.

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À PARAITRE

Marie Van Moere écrit actuellement son deuxième roman qui sera publiée chez Gallimard, dans la Série Noire. Voilà ce qu’elle en dit sur son blog :

« Numéro 2 étant sur les bons rails (touch wood) , et la suite bien amorcée (en espérant être un peu plus rapide à l’avenir – quoi que, je suis « dans l’écriture, pas le bâtiment » comme m’a glissé mon éditeur chéri) je fais une pause Internet et toutes (ou presque) connexions reliées à un fil électrique. Ne bouge pas, je reviens dans un moment. Le dead train repasse toujours. » MVM
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Rencontre-Dédicace Val Mc Dermid à Quais du polar

« ELLES ONT REFUSÉ DE SE TAIRE. ELLES ONT PAYÉ LE PRIX FORT. »

Photos Florence Gay-Corajoud

Lu, dévoré plutôt, « Les suicidées », que j’ai pu me faire dédicacer à Quais du Polar. J’en ai profité pour offrir #Jenaipasportéplainte à Val Mc Dermid en lui expliquant que ma commandante Carole Jourdan est inspirée de son inspectrice-chef de police Carol Jordan… Pas simple 😉

Merci à Florence Gay-Corajoud pour les photos. Un beau souvenir !

Présentation de l’éditeur
« Une série de suicides attire l’attention du profiler Toni Hill : les défuntes sont toutes des femmes ayant revendiqué leur engagement féministe sur Internet, et elles ont toutes été victimes de cyber harcèlement. Mais ces suicides en sont-ils vraiment ? Quel genre de tueur en série chercherait à camoufler ainsi ses crimes ? Et que signifient les livres de Sylvia Plath et de Virginia Woolf retrouvés à leurs côtés ?
L’enquête s’avère vertigineuse et Toni Hill est amené à refaire équipe avec Carol Jordan, encore fragilisée par ses propres démons. Avec l’aide d’une hackeuse de génie, ils se lancent à la poursuite d’un tueur obsessionnel qui n’a plus rien à perdre.
Dans Les Suicidées, Val McDermid reforme son duo de choc et signe un polar à vous glacer le sang, aux enjeux plus contemporains que jamais. »

«Les Suicidées», des militantes en ligne de mire
Article de Lenka Horňáková-Civade dans Libération :
« Les vraies interrogations posées par le roman sont ailleurs. A travers le personnage d’un déséquilibré, écorché vif par une enfance difficile, pleine de plaies mal soignées, l’auteure nous amène à réfléchir sur la place des femmes dans la société. Celle qu’elles veulent prendre, vivre, et celle qui leur est possible. On peut élargir cette réflexion à la possibilité d’être différent, de vivre autrement et de s’exprimer. Ici, Val McDermid parle en militante, avec conviction et verve. »

Val McDermid • Les Suicidées • Traduit de l’anglais par Perrine Chambon et Arnaud Baignot. Flammarion, 416 pp., 21 €.

Babelio rencontre Val McDermid – Les suicidées
Entretien avec Val McDermid à l’occasion de la rencontre entre l’auteur et les lecteurs de Babelio.com, le 29 mars 2017 pour son roman Les suicidées.

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Personnages-polar-jenaipasporteplainte-

#Jenaipasportéplainte – Marie-Hélène Branciard – Préface de Marie Van Moere – 2016 – éditions du Poutan

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Polar palpitant, écriture qui remue les tripes! Librairie Lis Thés Ratures

« J’ai découvert votre ouvrage sur les conseils de Sixtine de Beaufort des Éditions sur Le Fil et EDSF Diffusion. J’avais commandé une pile de votre ouvrage pour ma table, et récemment je suis tombée en panne de lecture, aussi je me suis dit que j’allais en profiter pour vous lire. Et bien je n’ai pas lâché votre roman, que j’ai dévoré en une journée ! Merci, merci, merci, pour ces personnages uniques, cette histoire palpitante, et votre écriture qui remue les tripes ! Je vous félicite pour votre roman extrêmement fort et percutant, j’aimerais en parler avec vous durant une rencontre-dédicace à ma librairie. » Roxane Yap

#jenaipasportéplainte : Coup de cœur de Roxane Yap, directrice de la librairie Lis Thés Ratures. »– 12 avril 2017

Le polar #Jenaipasportéplainte en bonne compagnie à la Librairie Lis Thés Ratures
69, allée du Forum 92100 Boulogne-Billancourt.

À lire sur le blog Les vagabonds sans trêves, un bel article à propos de la librairie Lis Thés Ratures et toute son actualité sur sa page Facebook.

 

#Jenaipasportéplainte – Marie-Hélène Branciard – Préface de Marie Van Moere – septembre 2016 – éditions du Poutan

« Avec ce polar, Marie-Hélène Branciard dresse les portraits de personnages foisonnants, drôles et attachants, lesbiennes en résistance quotidienne pour le respect de leur humanité, hackers malines, tous en orbite autour de l’enquête menée par une commandante de police qui essaiera malgré les difficultés de remettre les coupables aux mains de la justice. »  Marie Van Moere


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J’ai le sentiment très agréable d’avoir lu un livre jamais lu auparavant…

« Certes, je ne suis pas une grande lectrice de romans noirs mais avec #Jenaipasportéplainte j’ai le sentiment très agréable d’avoir lu un livre jamais lu auparavant. (…) Les dialogues sont très vivants, les descriptions précises en peu de mots, et comme dans Les loups du remords, le 1er roman de Marie-Hélène Branciard, une sorte de bande-son musicale accompagne l’histoire qui se déroule morceau par morceau jusqu’à former le puzzle entier.« 

A aucun moment je n’ai eu la sensation dérangeante d’une complaisance malsaine dans les scènes de violence et l’autrice a ménagé des respirations bienvenues : le livre parle tout autant de solidarité et d’amour et a un côté « club des cinq » pour adultes malgré la dure réalité du propos. de même, alors que plusieurs personnages sont lesbiens, je n’ai jamais eu le sentiment d’un livre communautaire.
Bref, un livre qui vaut le détour.

#jenaipasportéplainte : chronique de Norlane Deliz sur Babelio – 10 avril 2017

Norlane Deliz
« Amoureuse de la vie et des mots.
Auteure- poète, créatrice de collages…
Je lis des romans, de la poésie, des livres jeunesse, ne suis pas contre la fantasy, découvre les policiers… »

 


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Val McDermid et Carol Jordan…

Val McDermid, née à Kirkcaldy, en Écosse, est une écrivaine écossaise, auteure principalement de romans policiers.

« À 17 ans, Val McDermid est la première étudiante d’une école publique écossaise à fréquenter le St hilda’s College à l’Université d’Oxford. Diplôme en poche, elle s’engage dans le journalisme pendant une quinzaine d’années à Glasgow et à Manchester. Engagée dans les mouvements de gauche et de contestation pendant l’ère Thatcher, elle amorce en 1984 l’écriture d’un roman policier qu’elle met trois ans à achever : le succès de Report for Murder détermine sa vocation littéraire. » Source : Babelio

« La grande force de Val McDermid, c’est son talent pour créer des personnages absolument fascinants. Carol Jordan, femme blessée, seule, vulnérable mais d’un courage insensé, a du mal à aimer… On vient de fermer l’unité spéciale qu’elle a dirigée pendant des années. Elle est en pleine déprime, et ne sait pas de quoi demain sera fait. Tony Hill, le psychologue profileur, est plus que jamais en proie à ses obsessions et à ses nuits sans sommeil, passées devant des jeux vidéo stupides. Plus que jamais, son esprit est le réceptacle des perversions criminelles des criminels qu’il soigne et de ceux qu’il pourchasse lorsque Carol Jordan fait appel à ses talents. Et ces deux-là, que tout devrait réunir, ne parviennent jamais à se rejoindre. Ils sont à la fois leur pire ennemi mutuel et la seule relation possible pour chacun d’eux. » *

 

Série Tony Hill & Carol Jordan
Thèmes : Thriller • Profiler • Serial Killer • Meurtres en série • Policier • Angleterre • Homicide • Suspense • Enigmes • Meurtrier • Polar • Viol.
Source : Book•Node


* Source : Le blog du polar : « Val McDermid, « Châtiments » : la grande prêtresse du crime psychopathe est de retour ».

 

Merci à Val Mc Dermid (et à son inspectrice-chef de police Carol Jordan) qui m’ont aidé à construire le personnage de Carole Jourdan, commandante de police dans #Jenaipasportéplainte.

Thanks to Val McDermid (and to her Detective Inspector Carol Jordan) which helped me build the character of my “Commandante” Carole Jourdan.